Détroit 1967-1974
Samedi 19 mai à 19h
Nous proposons, dans la suite de la discussion sur les Black Panthers, et en partant de plusieurs documents dont le livre sorti récemment Detroit : pas d’accord pour crever, d’orienter la focale sur Détroit et La Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires. De la « Grande Rebellion », les émeutes de juillet 1967, au milieu des années 70, cette organisation a joué un rôle crucial dans le mouvement révolutionnaire. Créée dans l’objectif d’obtenir une représentation directe des ouvriers noirs dans les usines, la ligue portait des perspectives révolutionnaires qui allaient au delà du syndicalisme. Journaux tirés à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, mobilisation contre la guerre au Vietnam, dénonciation de crimes policiers, mais surtout organisation des travailleurs des usines d’automobile tenues par Général Motors, Chrysler, Ford etc… et lutte contre la machine syndicale de l’United Auto Workers, corrompue et raciste. Si leurs théories empreintes d’idéologie anti-impérialiste et marxiste-léniniste donnent assurément matière à critiques, il n’en reste pas moins que cette page de l’histoire du mouvement révolutionnaire a beaucoup à nous apprendre, notamment sur la lutte contre le racisme dans la lutte contre l’Etat et le Capital, et comment ces luttes se complètent, ne peuvent se comprendre séparément. La reparcourir sera l’occasion d’une remise en perspective de cette «question raciale» qu’on transpose allègrement et n’importe comment aujourd’hui, de mesurer les différences de contexte qui nous séparent de l’Amérique des années 60, et de voir comment, même dans ce cadre spécifique, les pratiques et les questions posées par la lutte menée par La Ligue des Travailleurs noirs révolutionnaires sont largement plus intéressantes que ce que les défenseurs d’une «lutte des races» voudraient en faire, à partir d’une lecture systémique en terme de «privilèges» et de «minorités».
Projection de Finally got the news… (vost, 57’) : ce film, réalisé à Detroit en 1970 par des militants révolutionnaires avec la coopération de la Ligue, est une présentation des activités et théories politiques de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires ; outil de propagande didactique, mélangeant photos, interviews, analyses politiques, images prises à l’intérieur des usines, sur les piquets…








Dimanche 1er avril 2018 à partir de 17h30



Zéro de conduite nous raconte l’histoire de trois élèves d’un collège de province, Caussat, Colin et Bruel. Cependant, contrairement à leurs camarades de classe, l’autorité des surveillants et des professeurs ne leur est pas supportable. Toujours dans la rébellion, ils accumulent les « zéros de conduite » et malgré les punitions et les dissuasions, les trois garnements refusent de se soumettre. Ils élaborent donc un plan afin de prendre en otage leur collège le jour de la visite du préfet. Ils sont rejoints par un autre élève de leur classe : Tabart. Ce dernier s’élève contre son professeur qui le tripote et refuse de s’excuser après l’avoir insulté. Les quatre compères mènent donc à exécution leur plan avec le soutien de tous les élèves de l’internat et bombardent le préfet, le directeur et les professeurs de chaussures, tuiles et planches de bois avant de hisser haut un drapeau pirate.
Il y a maintenant un peu moins d’un an était diffusé sur Arte le documentaire Ni Dieu ni Maître – Une histoire de l’anarchisme de Tancrède Ramonet. Dans une période de misère politique, alors que la main mise sur l’histoire des luttes et des mouvements révolutionnaire reste le dernier bastion auquel s’accroche le vieux Parti Communiste, ce documentaire qui se présente comme une « réhabilitation de l’anarchisme » a été accueilli plutôt positivement dans les milieux militants et institutionnels.En période de disette, tout n’est pas pour autant bon à prendre.
Depuis qu’elle existe en tant qu’institution, l’école est au service de la bonne gestion des besoins de l’État et du capital. Elle qualifie quand il y a besoin de qualification, déqualifie quand il faut baisser le coût du travail, et toujours apprend l’obéissance et domestique la sauvagerie de l’enfance en faisant intégrer, que ce soit à coups de trique ou de pédagogies alternatives, la nécessité d’accepter ce monde et d’aspirer à y réussir. Elle est aussi le lieu où se rejoue toujours la possibilité de la révolte et du refus, elle est toujours forcément en crise, traversée de tensions et de contradictions inhérente à cette entreprise de gestion de l’ingérable. De la maternelle à l’université, ce qui s’y passe, les rapports qui y circulent, la manière dont adultes, enfants, adolescents y interagissent reflète cette fonction fondamentale.