Programme de juin à juillet 2026 à la bibliothèques des Fleurs Arctiques

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Pendant ce programme à la bibliothèque des Fleurs Arctiques, nous discuterons de la question du jugement et de la morale, de la fin de la camaraderie dans les milieu subversifs et de la lutte dans le contexte préélectoral.

Nous ferons un groupe de lecture spécial dimanche 7 juin autour de la projection d’un documentaire des années 70.

Nous projetterons lors du ciné-club : Le vent se lève, Conversation secrète et RRR.

Les permanences auront lieu le mardi de 16h30 à 18h30.

Les groupes de lecture auront lieu le dimanche à 16h30.

Nous vous invitons également à une soirée de soutien/projection de nanar à la bibliothèque le samedi 4 juillet !

Bon pied, bon œil et toute sa tête

À la place de l’habituel groupe de lecture, nous regarderons et discuterons ensemble de ce documentaire réalisé en 1978 par le collectif de la Revue Cinéthique en sur les luttes autour du handicap.

Ci-gît la camaraderie ?

Camarades, comparsettes et compagnons, dans quel état se retrouve actuellement ce qu’on voudrait pouvoir encore appeler la camaraderie ? Si on était dans un clip marketing d’écologie politique pour culpabiliser quelques minutes un panel savamment choisi de spectateurs, on pourrait dire : dans quel état allons nous laisser, non pas « la planète », mais bien plutôt les milieux subversifs et l’hypothèse révolutionnaire ?

L’heure nous semble assez grave pour proposer à la discussion une sorte de perplexité, d’inquiétude qui nous prend quand nous nous représentons la configuration actuelle des milieux militants, seulement capables de renvoyer chacun à sa petite bande, aussi bien face à la réaction qui se répand que face aux aléas répressifs inévitables de l’intervention quelle qu’en soit la forme, là où il y aurait bien plutôt un besoin urgent de cette consistance et cette confiance qui seules peuvent ouvrir nos marges de manœuvres. Il ne s’agit pas de réagir à un événement particulièrement scandaleux (et pourtant les exemples ne manquent pas…), mais de partager le sentiment diffus et persistant d’une lente mais vertigineuse perte de consistance, voire de décomposition des milieux « anars », « autonomes », « subversifs », alors même que tout le monde semble préoccupé à « composer » à qui mieux mieux.

Quand c’est l’idéologie de la composition qui triomphe dans les espaces d’organisation, c’est-à-dire qu’on conçoit l’organisation collective comme un simple agrégat de différents groupes avec chacun leurs intérêts propres et spécifiques qui doivent juste trouver un point minimal sur lequel s’entendre, comment alors créer une émulation collective vers des objectifs communs qui dépassent ces logiques de groupe ?

Quand à l’intérieur même de chaque groupe, chacun se représente en train de composer avec les autres sur ces mêmes bases délétères, toujours dans la défiance, comme dans une organisation trotskyste mais à l’échelle individuelle, comment alors se fier à ce qui en sort comme proposition politique et pratique ?

Quand un ethos misérabiliste et sur-angoissé règne en permanence dès lors que la répression menace de pointer son nez (c’est à dire finalement à peu près dès qu’une forme d’intervention même minimale est envisagée), comment alors espérer être à la hauteur de la situation face à l’État et au Capital ?

Quand ce sont le plus souvent les avocats qui se retrouvent à poser les limites des modes d’action dans les milieux « autonomes », et que tout le monde s’y soumet sans piper mot, comment alors penser qu’une défense collective dans l’intérêt des militants réprimés pourrait s’organiser  ?

Quand règne un climat de suspicion généralisée dans les espaces collectifs, où tous ceux qui, contrairement à la tendance à la déresponsabilisation actuelle, mettent la main à la pâte dans l’organisation peuvent ensuite se faire accuser « d’envoyer des gens en GAV », comment alors ne serait-ce qu’envisager l’organisation et l’action, sans craindre d’être exposé à la répression ou à la justice interne au « milieu » (qui intéresse particulièrement la justice de l’État) ?

Quand les standards de sécurité consistent à faire confiance à Signal pour ne pas être accessible à la surveillance policière, alors même qu’il n’y a aucune visibilité sur qui est inscrit sur ces groupes, comme si ce n’était pas une affaire collective de se préserver d’une prévisible présence policière (beaucoup plus simple d’ailleurs pour les flics qui peuvent désormais être quasiment en tant qu’eux-mêmes dans les discussions), comment installer et pérenniser la confiance dans les processus d’élaboration collective ?

Quand les intérêts particuliers relatifs à la petite vie de chacun et le libéralisme triomphent, face à l’action, l’engagement mais aussi face à la répression (« ça va être chaud de venir à l’action là car j’ai un verre ce soir avec les potes », « j’ai parlé en GAV mais en même temps sinon j’allais peut-être rester encore 24h de plus ! »), comment encore avoir confiance dans celui ou celle qui se trouve à nos côtés ?

Quand ce sont les bruits de couloir, les rumeurs, la mondanité, qui règlent les rapports humains et la participation dans les espaces de lutte (qui décide de qui va à telle action, à telle AG, qui partage quelle initiative, ou de qui les évite car il y a des gens dont la tête ne leur reviennent pas) au lieu des perspectives énoncées par ces espaces, comment alors pouvons-nous encore avoir l’espoir de former des mouvements, des mobilisations collectives basées sur l’association libre des uns et des autres en fonction de leurs désirs et de leurs perspectives ?

Quand les désaccords politiques et les différences de perspectives, sont évitées lâchement, balayées d’un revers de main comme des « embrouilles de milieu » ou des futilités, ou alors exprimées à la va-vite sur des conversations « cryptées » par d’obscurs pseudos sans pouvoir savoir qui est derrière le compte, comment alors pouvons-nous encore faire confiance à l’intelligence et à la discussion collective, faite de moments d’échanges, avec leur lot de compréhensions et de désaccords, qu’il faut bien traverser pour que s’inventent propositions et pratiques qui chacun nous dépassent ?

Quand la camaraderie se perd et que la lutte ne ressemble plus à un mouvement collectif mais à une réunion d’individualités ou de groupes fiers de leur chapelle pré fabriquée, et ne manifestant plus aucun désir d’être transformés par et dans la lutte, et plus encore, quand on dirait que chacun utilise une grande partie de son énergie à s’y opposer, comment alors envisager la possibilité d’autres rapports humains dans et par la lutte, bien loin de ceux que nous connaissons dans le morne monde du Capital et de l’État ?

Camarades, comparsettes et compagnons, si nous proposons cette discussion, c’est parce que nous aspirons à retrouver la possibilité d’une confiance au-delà des milieux déjà constitués et désormais exsangues et imbus de leur pré carré, d’une camaraderie qui permette au delà des désaccords qui y auraient bien sûr leur place, de savoir se tenir ensemble pour attaquer l’État et le Capital, comme il semble bon à chacun, mais avec la certitude que face à l’État, aucune dissociation et aucun abandon n’est tolérable. Comprendre comment on en est arrivé là est peut-être un premier pas pour y arriver.

Conversation secrète

Francis Ford Coppola
1974 – 114’

C’est entre les deux premiers volets du Parrain que Coppola propose, dans ce film d’espionnage, une autre figure de la solitude et de la mélancolie, beaucoup moins grandiose que Le Parrain, mais tout aussi torturée. Harry Caul, espion solitaire et technicien spécialiste de la filature et de l’écoute, se retrouve confronté à l’intrusion d’une réalité inattendue qui perturbe sa routine d’espionnage des conversations des autres, qu’il « écoute » sans les écouter ou les entendre. Cette fois, c’est la question de sortir de son rôle habituel de témoin invisible, d’intrus indétectable, qui va se poser, pour faire peut-être véritablement intrusion dans ce qui va advenir, pour intervenir au delà de l’écoute, dans la réalité que le son révèle. Dans la lignée de Blow Out de Brian de Palma qu’il inspirera, Coppola explore les limites de l’intime et leur transgression, l’intrusion froide des écoutes et de la surveillance, et la manière dont le drame caché se révèle de manière disruptive à l’intérieur du son, si on sait l’écouter. On est aussi évidemment dans la suite de Blow Up d’Antonioni avec cette exploration de ce que les techniques de captation de la réalité, dont, entre autre d’ailleurs, le cinéma est fait, la prise d’image (pour Blow Up) et de son (pour Conversation secrète et Blow Out), volent et fixent quelque chose tout en clarifiant des aspérités qui sans eux resteraient invisibles et inaudibles.

À bas ce gouvernement et les prochains, quels qu’ils soient

On aspirerait évidemment à une situation où des luttes vivaces contre l’État et le capitalisme balayeraient le calendrier électoral d’un revers de liberté, en le repoussant bien vite dans les ornières de son ridicule jeu de pouvoir qui ne change au fond jamais rien à notre exploitation. On aspirerait à ce que les luttes, de long cours, viennent perturber la gestion des frontières, des prisons, la gestion du travail, de la santé, des enfants, continuellement et indépendamment d’une « période électorale » qui ne concerne au fond que ceux qui veulent nous gérer. Mais voilà, l’époque n’est pas à l’autonomie, et il faut bien, pour pouvoir dynamiser cette aspiration révolutionnaire, se demander comment intervenir dans cette année 2027 qui va nous arriver en pleine figure avec son cortège de militants LFIstes prêts à tout pour intégrer la subversion dans leur marketing et pour user du sempiternel chantage à un Front uni contre l’extrême-droite. Contre les illusions de 1981, contre les illusions de 2012, contre les illusions de la gauche au pouvoir et contre toutes les illusions démocrates, envisageons les manières de faire exister les luttes et perspectives révolutionnaires dans un contexte d’élections présidentielles.

RRR

S. S. Rajamouli
2022 – 182’

Épopée historique flirtant avec la comédie musicale, R.R.R de S. S. Rajamouli revisite allégrement la vie de deux figures de l’indépendance indienne en inventant une rencontre entre elles.

En unissant deux facettes a priori opposée de la guerre d’indépendance, on obtient un ahurissant blockbuster dantesque, poussant le film d’action et le divertissement à son paroxysme, au service d’un récit nationaliste mythifié.

Soirée de soutien

Cette soirée sera l’occasion de nous rencontrer, de discuter des luttes en cours, du projet de la bibliothèque, d’amener des tracts et brochures pour la distro de la bibliothèque, de parler de révolution, et de profiter d’une projection d’un nanar exceptionnel (Unplanned).


Une caisse sera disponible pour apporter un soutien aux diverses charges de la bibliothèque (loyer, impressions…).

Le vent se lève

Ken Loach
2006 – 124’

Le vent se lève, sorti en 2006, est un film de Ken Loach qui inscrit son récit dans les guerres irlandaises de 1919 à 1923. Guerre contre l’occupant britannique de 1919 à 1921. Guerre civile de 1921 à 1923. Le film retrace le parcours de deux frères, Damien et Teddy, tout deux membres de l’IRA et confrontés aux différentes phases du conflit. De l’unité d’abord, face à l’empire britannique. Aux divisions ensuite, entre partisans du compromis par la partition du territoire irlandais, et volonté de poursuivre la guerre jusqu’à la victoire totale. Le réalisateur livre ici une splendide fresque poétique, entre courage, renoncements et trahisons, sur fond de paysages irlandais diablement bien filmés. Une fresque politique également, à la subjectivité assumée. Le réalisateur, qui réclama en 2013 la privatisation des obsèques de Margaret Thatcher, est sans équivoque dans le portrait qu’il dresse de l’occupant et des « Black & Tans » (unité auxiliaire composée d’anciens combattants de la première guerre mondiale). Sans équivoque aussi dans son positionnement en faveur de la poursuite du conflit, contre les partisans du compromis. Malgré son côté poignant et l’attachement que l’on porte aux protagonistes (notamment grâce à un Cillian Murphy en pleine forme à tout pile trente ans), le style documentaire de Ken Loach reste et émeut. Ainsi le film offre suffisamment de recul pour se questionner, y compris au-delà de ce qu’il montre des prises de position du réalisateur, sur l’ambivalence de la guérilla vis à vis des populations qui l’hébergent, la soutiennent ou en font partie. Il s’agira donc aussi de questionner ce qu’il y a de problématique dans ce passage de la lutte révolutionnaire à la guerre d’indépendance anti-impérialiste et nationaliste.

Une descente mise en échec avant la discussion contre les tankies

Ce soir, alors que va se dérouler une discussion critique des tankies à la bibliothèque, un groupe de personnes en mode « gros bras », visiblement venues pour en découdre vu leur disposition et leur déplacement dans la rue, a été mis en fuite après des échanges de coups. Pendant leur fuite, nous avons continué à les poursuivre sur quelques rues. A noter qu’au moment de passer devant une église catholique, ils ont fait un signe de soumission religieuse en levant un doigt et les yeux vers le ciel. Ce même signe de Daech qui a été repris récemment par des néo-nazis et des traditionnalistes chrétiens.

Avant-hier, ces mêmes personnes sont arrivées cagoulées à une assemblée contre les frontières de l’AG Antifa Paname, sont restées assises et groupées une dizaine minutes dans l’AG, avant, dans l’incompréhension générale, de sortir. Dès le départ, toute l’AG s’est demandée si c’était des keufs ou des fafs. En effet, qui vient cagoulé dans une AG publique ? De ce que nous avons su après, des gens de la Parole Errante leur ont alors dit de quitter les lieux, ce à quoi ils ont immédiatement obtempéré. Suite à quelques prises de précautions d’usage lors du départ des camarades de l’AG, on a pu apprendre qu’ils se terraient désormais à quelques stations de métro de là.

Après discussions on a compris qu’il s’agissait de six militants chrétiens qui étaient venus pour intimider un camarade. Notre hypothèse principale : il s’agissait de venger un certain « Zagreus » qui à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux s’est dissocié publiquement en appelant les autres à le faire aussi (cf screens). Il balançait aussi qui était, selon lui, « derrière » l’action (un vrai travail de keuf), pendant qu’une cinquantaine de personnes étaient en garde-à-vue et qu’une enquête était en cours suite à une action anti-transphobie de l’AG Antifa contre Stern, Moutot et d’autres fafs. En effet, un des missionnaires venus en découdre semble avoir quelque chose à prouver depuis qu’il a balancé des informations précises sur son pote dissocié.

Notre bibliothèque a mieux à faire que de se retrouver dans les problèmes d’égo entre une balance et un dissocié interne au milieu chretien. En toute hypothèse, nous restons un lieu accueillant, à la mesure des intentions de nos visiteurs.

Le 13/02/2026,
Les Fleurs Arctiques.

Programme de février à mai 2026 à la bibliothèques des Fleurs Arctiques

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Pendant ce programme à la bibliothèque des Fleurs Arctiques, nous discuterons de grève autour de la projection du film « Le dos au mur », de l’histoire du léninisme et du retour des tankies chez les militants, de la question de l’économie de soi dans le cadre des luttes, de la critique révolutionnaire de l’antifascisme actuel à partir d’une brochure publiée pour l’occasion, de l’eugénisme et de société assurantielle et de la question du jugement et de la morale.

Nous discuterons également de l’affaire « Omar m’a tuer » dans le cadre d’un démontage judiciaire.

Nous projetterons lors du ciné-club : Les chambres rouges, Punch-Drunk Love, Une femme sous influence, Schizophrenia et Les Noces Rebelles.

Les permanences auront lieu le mardi de 16h30 à 18h30.

Les groupes de lecture auront lieu le dimanche à 16h30.