Feuilles Antarctiques numéro 6 : SPÉCIAL SOCIETE ASSURANCIELLE

Cette semaine, pour la dernière des Feuilles de cette série, il s’agit de creuser la question du paradigme assuranciel qui s’installe comme modalité de gestion la plus efficace, et devient la boussole des dispositifs de contrôle et de répression, mais aussi du système de « l’assurance chômage » (qui assure l’Etat et plus du tout les travailleurs risquant de perdre leur salaire), et qu’on a vu à l’œuvre de manière évidente dans la gestion du soin pendant la crise sanitaire. Pour retrouver le pdf qui rassemble tous les textes que l’on propose à la lecture ainsi qu’une introduction, écrite spécialement pour expliquer dans quel perspective nous souhaitons aborder cette question, cliquez sur l’image suivante :

Feuilles Antarctiques numéro 5 : SPÉCIAL ENCAMPEMENT

Cette semaine, nous avons choisi de parler de la question des camps, de l’encampement, de la mise en camp et des luttes contre ces formes d’enfermement. Pour retrouver le pdf qui rassemble tous les textes que l’on propose à la lecture ainsi qu’une introduction, écrite spécialement pour expliquer dans quel perspective nous souhaitons aborder cette question, cliquez sur l’image suivante :

Feuilles Antarctiques numéro 4 : SPÉCIAL ÉMEUTE

Pour ce nouveau numéro des Feuilles Antarctique, particulièrement fourni puisqu’elle rassemble une vingtaine de texte pour presque 80 pages, nous proposons de s’intéresser à l’émeute et son lien avec la question révolutionnaire. Pour lire l’introduction de cette Feuille Antarctique, le récapitulatif des propositions de textes à lire, regardez votre mail. Si vous êtes inscrits à notre liste de diffusion, vous devriez avoir reçu ces textes ainsi que le lien vers le pdf, qui rassemble tous les textes que nous proposons à la lecture. Après lecture, n’hésitez pas à nous faire part de vos retours, critiques et textes complémentaires sur le sujet. 

Pour lire le dernier numéro des Feuilles Antarctiques, cliquez sur l’image :

(Ou cliquez ici : http://lesfleursarctiques.noblogs.org/files/2020/06/LFA-FA04-1.pdf)

 

Numéro 3 des Feuilles Antarctiques : Survivre

Cette semaine, nous vous proposons de réfléchir à la question de la survie, dans ce monde ou dans un autre, et de son lien avec la question révolutionnaire. Pour lire ce numéro 3 des Feuilles Antarctiques spécial Survivre, cliquez ici, ou suivez ce lien : http://lesfleursarctiques.noblogs.org/files/2020/06/LFA-FA03-1.pdf

Feuilles antarctiques

Nous envoyons, aux abonnés de la liste de diffusion de la bibliothèque, chaque lundi à partir du 18 mai, un petit dossier constitué d’un texte autour d’une question actuelle ou inactuelle accompagnés de divers conseils de lectures.

Vous pouvez retrouver au fil des semaines ces Feuilles Antarctiques, dont la première concerne le Service National Universel, sur la page sur la page du même nom. Les deuxièmes Feuilles Antarctiques sont sur le thème de l’anti-psychiatrie et sont trouvable ici.

 

 

 

Réouverture de la bibliothèque des Fleurs Arctiques

Dans la période qui vient…

 

Après plus de deux mois de confinement, la lutte contre l’Etat et le virus se poursuit et partout dans le monde des révoltes éclosent, contre la gestion de la pandémie, qui exacerbent les conflits déjà présents sans le virus. Les prisons et les centres de rétention se mutinent, les travailleurs refusent le travail, les pauvres s’émeutent…

La bibliothèque des Fleurs Arctiques rouvre ses portes dans cette phase incertaine, où l’algorithme des experts, entre nécessités économiques et gestion sanitaire, impose à certains un déconfinement « ciblé » sur la remise au travail pendant que d’autres, dans les prisons et les Ehpad par exemple, continuent à vivre un enfermement redoublé.Cette réouverture se fait avec l’idée qui nous tient depuis trois ans, depuis le début de l’existence de ce projet, que c’est dans les moments les plus durs et bouleversants qu’il faut d’autant plus se donner les moyens d’échanger et de confronter les points de vue et analyses. Le monde se transforme à une vitesse impressionnante depuis ces derniers mois et nous, révolutionnaires, devons être à la hauteur de la situation que tout le monde affronte, partout sur la planète : la gestion d’Etat, avec ou sans confinement, et la contagion du coronavirus.

Ainsi, nous proposons d’ouvrir la bibliothèque sous la forme de permanences, deux fois par semaine à tous ceux et celles qui voudraient échanger idées et informations autour de la situation en cours. Le programme que nous avons dû interrompre avec le début des mesures de confinement et la propagation du virus ne reprendra pas tout de suite. Les discussions et projections prévues reprendront petit à petit, plus informellement d’abord au cours de ces permanences, car il nous semble que beaucoup est à rediscuter avant de reprendre le cours d’une normalité sans doute déjà très loin de nous. Nous souhaitons que ces permanences soient alors l’occasion de discuter et de réfléchir collectivement (mais à moins grande échelle que des discussions publiques) à la situation qui nous éprouve, dont sans doute nous ne comprenons pas encore les tenants et aboutissants, les implications et les conséquences, en tout cas pour le moment. Peut-être pourrions nous y reparcourir ensembles des époques comme celle de la lutte contre le sida, en perspective avec l’actuel Covid-19, pour en comprendre les spécificités mais aussi ce que nous pourrions en tirer pour la pandémie actuelle. Peut-être pourrions nous aussi y approfondir des sujets plus vastes, comme celui de l’internationalisme à propos duquel une discussion publique était programmée, sujet d’actualité s’il en est, à l’heure où un peu partout dans le monde nous vivons des situations communes et pourtant si singulières. Le SNU, lui aussi, pourrait occuper nos esprits, ainsi que la manière dont il s’adaptera à l’épidémie, alors que la gestion de la pandémie passe partout par des formes de contrôle militarisé et par un retour en force de l’appel au civisme national. Nous souhaiterions aussi faire de ces moments, en petit comité, l’esquisse de discussions à venir. Il est important de rappeler que nous aménagerons évidemment l’endroit pour que cela puisse se passer sans mettre en danger la santé des personnes qui voudraient réfléchir avec nous sur ce qui est en train de se passer. Bien sûr, si vous ne pouvez pas venir physiquement à la bibliothèque, que ce soit parce que vous habitez à l’étranger ou loin de Paris, ou parce que vous ne préférez pas être en contact physique avec d’autres personnes pour des raisons de santé, il est possible de trouver un autre moyen d’échanger. Cela peut se passer par courrier postal, par mail ou peut-être d’autres moyens si ceux-là ne vous conviennent pas. Il est aussi possible d’ouvrir la bibliothèque, que ce soit ponctuellement ou régulièrement, à un autre moment que les permanences prévues si ces dernières ne vous conviennent pas.

Par ailleurs, nous réfléchissons à un moyen de continuer à faire vivre et à diffuser les réflexions qui se tiennent à la bibliothèque. Cela prendra la forme d’un envoi par mail de textes de réflexions sur ce qu’il se passe, accompagnés de textes qui résonneraient avec l’actualité ou qui approfondiraient des questions qu’il serait dommage de mettre en suspens. Cela pourrait aussi, selon les semaines, s’accompagner de propositions de lectures qui auraient avant pris place sur nos tables, de nouvelles traductions de textes, d’anciennes présentations de discussions ou encore de films que nous avons projetés lors de précédents ciné-clubs. L’idée n’est bien sûr pas que cela devienne la nouvelle forme permanente des Fleurs Arctiques ou que notre seul lien avec vous soit l’envoi d’un mail une fois par semaine. C’est plutôt l’idée que nous avons un local à une époque où la rencontre à plusieurs personnes devient une question complexe, mais que nous avons aussi l’envie de réfléchir à ce qu’il se passe.

Ainsi, nous vous proposons une permanence les jeudi de 17h à 20h et les dimanche de 16h à 19h, toutes les semaines à partir du dimanche 17 mai, ainsi qu’un mail, qui rassemblera petit édito de réflexion et conseils de lectures, toutes les semaines le lundi et qui sera à télécharger en format pdf dans la rubrique Feuilles Antarctiques.

Les Fleurs Arctiques.

Comment vous dire à quel point depuis longtemps déjà, mais particulièrement maintenant, il y a mieux à faire….

Nous avons écrit ce texte (et nous ne pensions pas le publier ailleurs) pour qu’il soit lu par celles et ceux qui ont assisté à la vague de spam dégueulasses sur Indymedia Nantes qui nous accuse de tout et n’importe quoi, nous insulte, s’attaque tout particulièrement à un d’entre nous. Nous en venons à le mettre ici parce qu’un des modérateurs d’Indymedia Nantes le refuse, donnant ainsi raison au/à la spameur-euse qui ne se prive pas de continuer ses insultes sexistes, validistes, antisémites, à consonnances fascistes… et surtout remplies de mal-être, d’appel au suicide, de divagations sur son caca. Cette personne, quelle qu’elle soit, va très mal et s’attaque à nous sans retenue.
Indymedia Nantes, lieu où se déverse cette vague ignoble et désolante de malveillance et de mal-être à la fois, croit bon de conforter le-la spameur-euse en interdisant la bibliothèque de publication. Cet abus de pouvoir d’un des modérateurs dont on se demande bien à quoi il est en train de jouer engage toute la modération de ce site sur une voie indéfendable. C’est irresponsable pour la personne qui est visiblement en train de vriller avec le confinement et doit être bien mal entourée, c’est aussi contraire à toute ethique de protection minimale de ceux qui se font harceler. Nous avons plusieurs fois proposé à Indymedia Nantes de les rencontrer pour parler de cette situation dont nous nous occupons beaucoup trop pour notre propre bien, ils ont toujours refusé, et maintenant nous reprochent de ne pas nous en être expliqué. C’est très grave de se comporter ainsi, très dommageable pour la suite et c’est pourquoi nous publions ce texte ici, alors que nous avons bien mieux à faire…


Ce texte est destiné à celles et ceux qui se sont infligés ou s’infligent la lecture des spams qui inondent toutes les parties d’Indymedia Nantes depuis trop longtemps, et plus particulièrement ces dernières 24h. On est dégoûtés d’avoir à écrire et diffuser la mise au point qui suit, alors qu’il y a tellement autre chose à faire et à penser aujourd’hui, on est dégoûtés que toute la vie qu’il y a dans cette bibliothèque se retrouve ainsi mise au second plan et qu’une intention malveillante puisse être assez nuisible pour faire perdre à tout le monde ce temps-là, profitant d’internet et des nouvelles technologies et de leur anonymat bien particulier pour se faire armée. Alors, avant de retourner à des activités plus utiles, écrire ce texte nous a quand même semblé nécessaire.

Comment vous dire à quel point depuis longtemps déjà, mais particulièrement maintenant, il y a mieux à faire….

le 24 mars 2020,

En réponse au commentaire d’un modo d’Indymedia Nantes qui met en cause la bibliothèque à laquelle nous participons

je vois qu’on s’ennuie sec. On soutient pas les harceleurs, pour rappel on habite pas panam, on connait pas grand chose à ces histoires. En tout cas on a pas refusé les articles qui dénoncent des pratiques qui ont l’air bien pourries. On est pas non plus d’accord avec la façon dont les fleurs arctiques répondent (pas) aux problèmes de harcèlement dénoncés. Et du coup on obeira pas aux injonctions de censure. Tout mettre sur le dos d’un trollage c’est bien facile. allez dehors !!!

Un modo d’indynantes, pour accompagner le refus d’un des spams de la crise en cours aujourd’hui.

Nous nous sommes concertés comme nous avons pu malgré le confinement suite à la nouvelle fournée extrêmement virulente de spams insultants et harcelants à notre égard qui se déverse depuis ce matin sur Indymedia Nantes. Une flopée de projets ou de personnes qui n’ont pas grand chose à voir avec le lieu auquel nous participons, à part peut-être l’anarchisme ou la révolution, comme la bibliothèque anarchiste Libertad, plusieurs sites, auteurs, comptes twitters, groupes de musique même, se retrouvent englobés dans ce processus dégueulasse, salissant, et on en sait quelque chose.

Ça fait des années que ça dure, plus ou moins sous cette forme, et comme c’est très public, tout le monde le sait, certains s’en frottent les mains, en profitent, immiscent leur sale politique là-dedans (et c’est pas joli joli…) . Dans les spams d’aujourd’hui, ça atteint des sommets (discours semi faf, racisme, insultes sexistes dégradantes, antisémitisme, eugénisme, insultes contre les autistes et les handicapés, etc.). Et là, on nous dit depuis la modération d’Indymedia Nantes qu’« on est pas non plus d’accord avec la façon dont les Fleurs Arctiques répondent (pas) aux problèmes de harcèlement dénoncés ». Mais quelle est cette opinion ? D’où sort-elle ? Pourquoi ?

Nous traitons les accusations de harcèlement depuis qu’elles ont émergé au cours d’un harcèlement, lui, bien réel, subi par les projets que les uns et les autres d’entre nous menons (en effet, pour ceux qui suivent, c’est assez tardivement dans ce processus que la personne qui nous harcelait s’est mise à dire comme tout bon retourneur de cerveaux que c’était elle qui était harcelée par nous, alors même qu’aucun d’entre nous n’avait, par un choix collectif, plus aucun contact avec elle depuis bien longtemps, c’était même ce qu’elle reprochait à l’un d’entre nous d’ailleurs… se sentant harcelée par son absence de contact…. Nous avons tous les mails et les messages divers qui montrent bien tout ça, mais qui ça intéresse vraiment de savoir ce qui s’est réellement passé s’il ne s’agit que d’en tirer profit à sa petite échelle et pour ses petites raisons ?).

Alors que nous sommes aux prises avec ce phénomène depuis bien longtemps, qu’il pourrit nos projets, nos perspectives révolutionnaires et tentatives d’organisation collective, nous avons TOUJOURS proposé à TOUTES CELLES ET TOUS CEUX QUI LE VOULAIENT de clarifier ces histoires, d’en parler, de les résoudre, de donner aux uns et aux autres des éléments pour comprendre la situation, quitte à prendre une à une chacune des accusations mensongères, des rumeurs, etc. et à y confronter ce qui s’est passé, preuves à l’appui. Nous avons été quelquefois mais trop rarement écoutés, nous avons ouverts nos boîtes mails à des presque inconnus qui remettaient en question la véracité de ce que nous disions, tout ça a été très pénible, mais la proposition tient toujours pour ceux qui se questionneraient sérieusement. Nous sommes un lieu public et ouvert, en dehors de période de confinement, et, même si nous avons bien mieux à faire, nous avons toujours été volontaires pour toutes les clarifications possibles.

Par ailleurs, du point de vue d’un média comme Indymedia Nantes, “censurer le troll” n’est pas prendre partie d’un côté d’une embrouille où chacun aurait des torts. “Censurer le troll”, c’est le strict minimum à faire en tant que média des luttes. Ces trolls-là ne sont pas drôles du tout, ne font réfléchir à rien, déversent des sceaux de merde sur ceux qu’ils ont croisés sur leur route et qui n’ont pas obéi à leurs injonctions ou pas consenti aux relations que ces personnes voulaient vivre avec certains d’entre nous. Ne pas prendre part à ces histoires, c’est justement “censurer” ce genre de trolls, qui ne font que nuire et déverser leur mal-être. Pour l’intelligence collective et contre la décrépitude des luttes, laissez les débats sur le fond se tenir, et empêchez les trolls harceleurs de les pourrir ainsi. Vous le faites d’ailleurs la plupart du temps, pas besoin de nous salir pour autant. Si vous avez des désaccords sur le fond de ce qu’on diffuse, sur ce qui se passe en vrai dans cette bibliothèque (non personne ne s’est fait virer d’une permanence parce qu’il portait un tee-shirt pas de la bonne couleur, on n’a jamais mangé personne, entre les gens qui participent à ce lieu, tout va bien merci, on est même rejoints par pas mal de monde et les gens ont l’air contents d’être là, etc., etc.), pas de problème pour en discuter.

Nous ne nous laisserons jamais faire par ce harcèlement, fait de rumeurs mensongères énoncées dans des couloirs, relayées par quelques personnes en mal de relations ou de sensations.

Nous ne demandons pas de l’aide, depuis un moment déjà nous savons sur qui nous pouvons compter sérieusement. Nous demandons des réactions sensées, respectueuses de chacun, au lieu de faire de la basse politique avec le mal-être d’un ou deux individus qui emportent dans leur désœuvrement d’autres gens juste parce qu’ils les ont, malheureusement pour eux, croisés.

Oui, il faut virer les spams et censurer les trolls, et commencer enfin à parler de choses importantes et intéressantes comme ce qui arrive au monde en ce moment…

 

A défaut de le faire pour nous protéger de ces infamies qui ne vous dérangent ostensiblement pas, faites attention à vous-mêmes, ce troll (ou ses doubles opportunistes) peut vous tomber dessus très vite, à la moindre contrariété, et vous ne soupçonnez pas la perversité de ses pratiques qui dépassent largement internet.

Nous non plus on soutient pas les harceleurs !

Courage à tous les révoltés dans cette période particulière à bien des égards.

 

Des participants à la bibliothèque des Fleurs Arctiques

Fermeture temporaire de la bibliothèque

À partir de ce lundi 16 mars, nous reportons les événements publics annoncés dans notre programme jusqu’à ce que l’évolution du coronavirus et de la gestion étatique de la crise qu’il provoque permettent à nouveau l’ouverture du lieu. Avec la situation d’autres pays en tête (pour certaines, beaucoup plus avancés dans la propagation du virus comme de l’arsenal gestionnaire mis en place par l’État) il est nécessaire de réfléchir à ce qu’il se passe en ce moment, à l’évolution des normes, au monde qui change, vite, et avec chacun cloîtré chez soi. Un peu partout, on commence à réaliser que l’on se retrouve bien vite pris en étau par une menace virale à ne pas traiter à la légère et par l’État qui, comme toujours dans des situations de crise en profite pour mettre en place de nouveaux outils de contrôle et de répression, pour expérimenter en même temps qu’il institutionnalise un rapport au monde répressif, hygiéniste et atomisé, et dont les mesures d’exceptions qu’il implique ne manqueront pas, comme toujours, de survivre à ladite crise.

En tout état de cause, nous restons solidaires de celles et ceux que la « gestion optimisée » de l’épidémie laisse de côté, ceux et celles qui sont et seront contraints de travailler, de soigner, solidaires des travailleurs ubérisés ou sans papiers, privés de chômage technique et d’indemnisations, ainsi que tous ceux qui payeront cher le prix de cette expérimentation d’isolement à grande échelle. En premier lieu, c’est aux enfermés de la machine carcérale française et internationale que nous pensons aujourd’hui, qui pourraient se révolter face aux conditions de torture qui leur sont déjà infligées « exceptionnellement » depuis le début de l’épidémie, en plus de la normalité continue de la situation intolérable, et par définition confinée, d’incarcération qu’ils subissent déjà. Le courage immense des prisonniers révoltés de ces dernières semaines en Italie ainsi que leur terrible répression sont autant de raisons de ne pas les laisser seuls dans la puanteur de leurs cellules.

Nous pensons aussi à tous ceux et toutes celles qui vont se retrouver à tourner en rond dans des logements minuscules dans des situations propices à toutes les angoisses,tous ceux et toutes celles pour qui se protéger du virus impliquera d’être livré à la maltraitance conjugale et familiale de la sacro-sainte « famille nucléaire », ceux et celles que l’État a décidé de livrer à la pire des solitudes dans ces autres prisons de l’oubli que l’on appelle EHPAD, à tous les sans-abris qui vont se retrouver laissés pour compte ou parqués on ne sait encore où…

Quels vont être les dégâts sur nous les humains, nos psychismes, nos corps, notre désir de liberté, notre capacité à l’insurrection ? Les réflexions autour de ces questions, ne pourront venir que plus tard, elles seront pour sûr difficiles mais ne feront qu’accentuer l’espoir de la possibilité d’un dépassement de ce monde de merde.

Quoiqu’il en soit de la nécessité de limiter la propagation de ce virus, la gestion a ses raisons qui ne sont pas les nôtres et nous serons, par tous les moyens que nous pourrons trouver, aux côtés des révoltes qui s’opposeront aux dommages directs, latéraux et collatéraux qu’elle va susciter et dont personne encore ne peut mesurer l’ampleur.

Contre la misère dans laquelle cette gestion va laisser tous les indésirables de ce monde, pour la révolution !

Mars attacks

Tim Burton – 1997 – VOSTF (USA) – 106’

Lundi 9 avril à 19h

Les martiens sont annoncés. On n’est pas déçus, ils sont petits, verts, pas très avenants et ils débarquent dans de magnifiques soucoupes volantes dignes des meilleures séries Z des années cinquante. Ils atterrissent dans une Amérique post-post-guerre froide et guerre du Vietnam, une Amérique inclusive et fière de ses bons sentiments, symbolisée par le sourire borderline ineffable de son président, incarné par Jack Nicholson. Alors on leur sort le tapis rouge, on les accueille à bras ouverts, on traduit leur langage, on les aime déjà, malgré leur aspect objectivement inquiétant et repoussant. On va faire un grand pas pour l’humanité. « Nous venons en paix » traduit la machine qui fait bip bip, retransmise par les télés du monde entier. Mais la colombe de la paix lancée par un des hippies hystérisés par l’occasion sera réduite en cendre ainsi que tous les participants à la cérémonie de bienvenue, grâce à une arme suprême, en l’occurrence un pistolet d’enfant qui carbonise tout ce qui passe en le mettant littéralement à nu : les os puis plus rien. Les intentions de ces martiens sont absolument mauvaises. Tim Burton joue avec le genre du film de martiens pour réaliser une fable grotesque, jouissive et acide contre la culture américaine dans laquelle il a grandi, les bons sentiments et la pacification sociale. Et c’est toutes les normes sociales qui vont se retrouver mises à nu et anéanties par le passage de ces petits hommes verts radicalement méchants, absolument ingérables, complètement cyniques, qui démystifient en un quart de seconde ce rêve américain en plastique. Yak yak !