Juillet/août 2017 aux Fleurs Arctiques

Les Fleurs Arctiques n’hibernent pas l’été. La bibliothèque reste donc ouverte, mais avec un fonctionnement adapté à la période estivale.
Pour les mois de juillet et août, les permanences ont lieu tous les jeudi de 16h à 19h, et chacune sera suivie d’une projection. Les groupes de lecture du dimanche ainsi que le travail en cours autour de la bibliothèque se poursuivent, n’hésitez pas à nous aider à la fournir davantage, ou à venir lors des permanences emprunter ou lire sur place.

Ciné-club
Les premiers et troisièmes jeudi du mois, on poursuivra le cycle sur la famille et sa critique. Avec Just a kiss, on a déjà vu comment, avec toutes les finesses du chantage affectif implicite ou brutal qui la caractérise, elle pouvait être un rouage du repli communautaire ; se contentant d’opposer à la norme majoritaire une autre norme qui contribue aussi au maintien des choses telles qu’elles sont et à ce que chacun reste à sa place dans la société. Avec Massacre à la tronçonneuse et Carrie, on a pu constater des versions plus extrêmes et assurément pathogènes du fonctionnement familial, mais aussi, de manière paradoxale parfois, des voies qui peuvent s’ouvrir pour s’en libérer. Le cycle sur la famille continue donc cet été avec les films Bernie, Virgin Suicides, Old Boy et The Devil’s Reject.
Les seconds et quatrièmes jeudi auront lieu des séances ouvertes à vos propositions : venez donc avec des films dont vous pensez qu’ils ont un intérêt à être regardés et discutés ensemble, quel que soit leur thème et sur n’importe quel support (VO). Les projections précédentes ont toutes montré qu’il était possible d’élaborer ensemble des réflexions intéressantes à partir de supports cinématographiques dans un cadre d’ouverture intellectuelle et de créativité.

Groupes de lecture :
Ils continuent tous les dimanche de 15h à 19h. Le prolifique groupe de lecture n°1 autour de Dieu et l’État de Bakounine, débuté le 21 mai, reprendra en septembre pour laisser place à une forme estivale expérimentale moins engageante et plus ponctuelle. Nous proposons donc pour l’été de lire ensemble un texte court à chaque séance. Il y a de quoi faire à la bibliothèque mais n’hésitez pas à venir avec les dernières productions qui vous semblent intéressantes à lire et/ou à critiquer (VF).

Permanences :
Lors des permanences de juillet à août (tous les jeudi de 16h à 19h) vous pouvez également venir avec vos préoccupations actuelles ou inactuelles, avec des nouvelles d’ici ou d’ailleurs ou des questionnements de tous ordres. On pourra aussi envisager des propositions pour l’été ou la rentrée, ou poursuivre plus informellement les discussions intéressantes menées lors du dernier débat autour de la critique de l’anti-racisme dit « politique » et de la confessionalisation des questions sociales. On y trouvera également informations et matière à réflexion à propos de l’affaire « Machine à expulser » et de ses suites, et se procurer le dossier Le Vaisseau des Morts à Brulé, à propos de luttes et de révoltes à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention, de la solidarité avec les inculpés de l’incendie du CRA de Vincennes, des répressions qui s’ensuivirent et d’autres choses, 2008 – 2013, déjà disponible en ligne et ajouté à la distribution.

La bibliothèque sera cependant fermée la semaine du 21 au 27 août. La révolution ne prend pas de vacances, mais les Fleurs Arctiques, qui ont toujours besoin de soutien, ne sont pas aussi exemplaires.

Jeudi 3 août – 19h : Old Boy de Park Chan-Wook (2003)

« Même si je ne vaux pas mieux qu’une bête, pourquoi ne mériterai-je pas de vivre ? »

Cette phrase est la première que Oh Dae-su entend après 15 ans de détention. Elle n’aura de cesse de résonner tout au long de sa quête de vengance et de vérité.

Enlevé dans des circonstances
énigmatiques puis relaché sans raison
apparante, ce père de famille accusé du meurtre de sa femme et ayant perdu tout espoir de retrouver sa fille semble pris dans l’engrenage d’une vengeance qui lui échappe. Comment interpréter tous ces indices qui donnent à sa nouvelle vie un goût de jeu de piste ? Qui est cette jeune fille qui se promet à lui dès leur première rencontre ?

Ce « monstre social » va remonter de force le fil de ses souvenirs et apprendre à ses dépends que la pression sociale et les normes qu’elle implique peuvent être d’implacables machines à broyer l’individualité. La mort, le mensonge et l’oubli sont ici les seules issues pour ceux qui, en spectateurs de leur vie, se laissent emprisonner par la « normalité » et refusent d’en questionner les fondements.

Libre interprétation du Comte de Montecristo, que ne renierait ni Sophocle ni Tarantino, ce récit invite évidement à une reflexion sur la vengance mais également sur l’enfermement – qu’il soit physique, psychique ou social – et l’impossibilité de composer soi-même la musique de son existence dans un monde qui semble imposer une partition funeste et implacable.

Jeudi 20 juillet – 19h : Virgin Suicides de Sofia Coppola (1999)

Les sœurs Lisbon vivent dans une banlieue bourgeoise du Michigan sous la coupe d’une mère autoritaire et d’un père effacé. En ce milieu des année 70, le déclin inévitable de l’industrie automobile et une pollution croissante fait planer sur cette ville un air de plus en plus irrespirable.

C’est dans ce contexte que le film, entièrement tendu vers l’inévitable mort de la fratrie, commence par la tentative de suicide manquée de Cecilia, la plus jeune des cinq sœurs, sans que soit donné de raison apparente à ce geste. L’intransigeance toute protestante des parents se relâche et ils tentent d’offrir un semblant de vie sociale à leurs filles.

Tout au long du film, un faisceau de détails intimes compose autour des jeunes filles une réalité étouffante à laquelle elles tentent d’échapper sans jamais y parvenir. Tout comme les arbres de la ville que l’on abat avant qu’ils ne meurent, ces soeurs vont inconsciemment trouver dans le suicide la seule porte de sortie d’un quotidien atone de plus en plus toxique dont elles laissent le dépérissement à leur entourage.

« Le vaisseau des morts a brûlé » (disponible aux Fleurs…)

A l’occasion de prochaines échéances judiciaires dans l’affaire dite « Machine à expulser » à Paris (comme le procès de ce vendredi 23 juin 2017 [Cf. ici, ]), voici le dossier (100 pages A4) : « Le vaisseau des morts a brûlé », A propos de luttes et de révoltes à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention, de la solidarité avec les inculpés de l’incendie du CRA de Vincennes, des répressions qui s’ensuivirent et d’autres choses… 2008 – 2013
La brochure est imprimable chez votre imprimeur favori, elle est également disponible ici et là, en version papier. La reproduction/diffusion/traduction de cette brochure est vivement encouragée.

Liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers.
A bas l’État.

pafledab@distruzione.org

4ème de couverture :

Le 22 juin 2008, des retenus du CRA de Vincennes mettent le feu à cette prison administrative pour étrangers et la détruisent entièrement. En solidarité avec cette mutinerie massive se développent des formes de solidarité offensives et d’interventions contre les frontières et contre la machine à expulser (manifestations, sabotages, occupations…). La répression de ce moment de lutte prend la forme d’une instruction qui concerne une quinzaine de personnes qui sont alors pour certaines perquisitionnées, mises sous contrôles judiciaires et d’autres incarcérées. Le temps judiciaire et sa logique mortifère aboutissent aujourd’hui, en 2017, à deux procès, l’un le 23 juin 2017 et le deuxième à une date ultérieure qui à ce jour n’est pas encore fixée, contre onze personnes en tout. Cette brochure entend accompagner la solidarité nécessaire avec les inculpés de ces épisodes de lutte, tout en restituant ce qu’ils ont pu être et le contexte dans lequel ils ont émergé. C’est pourquoi elle contient d’abord une chronologie fournie, associée aux textes et communiqués produits par ces mobilisations. Elle entend aussi resituer cette période dans le cadre plus large des interventions autonomes sur les questions migratoires, avec leurs formes de continuité mais aussi les différences, voire divergences qui font leur complexité. C’est pourquoi, après des documents concernant l’incendie du CRA de Vincennes et le procès de ceux qui en ont été accusés (et condamnés), on y trouvera différents textes d’analyses liés à des expériences de lutte de 1996 à 2015, qui peuvent se compléter, se répondre, parfois se contredire. Il s’agit de contribuer à une réflexion utile à l’élaboration d’interventions futures.

Le vaisseau des morts navigue, bercé sur la mer de la normalité, et tous et toutes, avec ou sans papiers, nous y sommes embarqués. A nous de savoir mettre à profit les réussites ou les échecs des expériences de lutte pour y puiser de quoi nourrir nos perspectives révolutionnaires.


Sommaire

Introduction

  • Le vaisseau des morts a brûlé… et après ? p. 3

Feu aux Centres de Rétention 2008 -2013

  • Chronique et documents de cinq années de révoltes, évasions, solidarité et répression dans et autour des prisons pour étrangers en Europe p. 10
  • Comment les médias nous couvrent… p. 45

Autour de l’incendie du centre de rétention de Vincennes et du procès qui s’en est suivi

  • Brûlons les frontières !, Collectif de solidarité avec les inculpés de Vincennes, 9 décembre 2009 p. 47
  • Feu ! C’est parti !, Collectif de solidarité avec les inculpés de Vincennes, 27 novembre 2009 p. 50
  • Tout feu, tout Flam…, Collectif de solidarité avec les inculpés de Vincennes, 7 février 2010 p. 51
  • Procès en appel de l’incendie, Collectif de solidarité avec les inculpés de Vincennes, 22 septembre 2011 p. 52
  • Les verdicts, 30 janvier 2012 p. 53

Autour de la répression des interventions en solidarité avec les inculpés de l’incendie de Vincennes

  • Sur les arrestations du 15 février à Paris des présumés sérial-DABers, février 2010 p. 54
  • Quelques réflexions autour des arrestations du 15 février à Paris, Dan et Olivier , mars 2010 p. 56
  • La lutte declasse la crim’, mars 2009 p. 59
  • Trois compagnons arrêtés à Belleville et incarcérés, juin/juillet 2011 p. 60
  • Nous ne sommes pas en prison pour des tags, lettre d’Olivier depuis la prison de la Santé, janvier 2011 p. 62
  • Partout, lettre de Dan depuis la prison de la Santé, mars 2011 p. 63
  • La joie des bouleversements, sur des révoltes qui nous touchent à travers les frontières, lettre de Dan depuis la prison de la Santé, 8 février 2011 p. 64
  • Deux appels à une semaine de solidarité, février 2011 p. 66 & 67

Annexes : analyses et documents

  • Toucher au cœur , Des internationalistes enthousiastes, décembre 2008 p. 68
  • Aux Insoumis de la pacification sociale, Des mutinés du vaisseau des morts, mars 2009 p. 73
  • Quand la Croix-Rouge part en croisade…, Quelques ennemis de toutes les frontières, 24 mai 2009 p. 74
  • A propos de la lutte des sans papiers tunisiens à Paris, juin/juillet 2011 p. 76
  • La prison à la maison ? Quelques notes sur le contrôle judiciaire, 22 juillet 2009 p. 78
  • Un pavé dans les rouages, décembre 2008 p. 79
  • Résistance à la xénophobie d’État, Collectif Des Papiers Pour Tous, novembre 1996 p. 81
  • Enrayons la machine à expulser, BHAF, printemps 1997 p. 82
  • Libre circulation pour tous !, Collectif Anti-Expulsions, septembre 1998 p. 83
  • Du scandale d’Arenc à la légalisation des centres de rétention, Collectif Anti-Expulsions, 7 mai 2004 p. 84
  • Les contours d’une lutte, retour sur la lutte contre la construction d’un centre fermé à Steenokkerzeel, Belgique, novembre 2012 p. 85
  • Les indésirables, Italie, mars 2000 p. 89
  • Aux Errants, Italie, juin 2002 p. 93
  • Sans-papiers ? Réfugiés ? Contre le tri et le dépotoir humain, septembre 2015 p. 97

Épilogue… avant la suite

  • Affaire Machine à expulser, après plus de sept ans d’instruction, quatre personnes passent en procès le 23 juin 2017 à Paris, juin 2017 p. 99

D’autres brochures et livres sont distribués par les Fleurs Arctiques, voir la page « distribution« .

Projection de « Bernie » (1996)

Projection de « Bernie » (1996), Albert Dupontel – Jeudi 6 juillet – 19h

Depuis l’internat de la D.A.S., Bernie Noël, fraîchement trentenaire, décide de quitter la taule de son enfance pour découvrir le monde… et retrouver ses géniteurs. Voulant en savoir davantage sur ses origines, il ne peut accepter l’horrible découverte de ses recherches : Bernie a été placé à l’assistance publique après que le concierge l’a vu tomber du vide-ordure. De façon à ne
pas entacher le tableau, il se met en tête qu’il a été enlevé par « les enculés d’en face » pour soutirer une rançon à ses parents, qu’il s’imagine être de riches Américains.

Conte cartoonesque et trash très éloigné de celui des fées, Bernie veut à tout prix donner un sens à une existence littéralement destinée aux ordures. Abreuvé de tous les ersatz de la famille modèle aimante et souriante, il réunira de force un père clochard débile et une mère aristo coincée pour essayer de s’y conformer. Et si la réalité sordide veut montrer son vrai visage face au modèle qu’il s’est bricolé, il ne peut que s’agir d’une machination orchestrée par un ennemi rusé tapi dans l’ombre : « les enculés d’en face »…

Carrie (projection)

Mercredi 28 juin 2017 19h

Carrie – Brian de Palma 1976 vostf

Carrie est un film montrant la vengeance brûlante et sanglante d’une adolescente. Les humiliations qu’elle subit au quotidien ont un prix qu’elle va faire payer, sans limite grâce des pouvoirs surnaturels, à tous ceux qui l’entourent.
Après un cours de sport, dans les douches du vestiaire, Carrie White – maintenue dans l’ignorance par le puritanisme familial – panique à la vue du sang qui s’écoule pour la première fois entre ses jambes.
Entre ses camarades de classe qui moquent son incompréhension, la bombardent de tampons et de serviettes hygiéniques, le directeur qui n’a que de la pitié et une espèce d’indifférence administrative à lui offrir, et sa mère qui est persuadée que Carrie a forcément péché (sinon elle n’aurait pas ses règles) et l’assène de coups de bible (dans la gueule) … la vie n’est pas facile.
Mais la puberté semble lui offrir autre chose : La télékinésie.
Les proportions que prend sa vengeance en font une critique absolue de tout ce qui l’oppresse (religion, famille, école, sociabilité) puisqu’elle finit par attaquer et détruire la cage sociale de la normalité dans laquelle tous voudraient l’enfermer.

Télécharger le flyer ici.

Racialisation, confessionnalisation ou révolution ?

Racialisation, confessionnalisation ou révolution ?
Discussion croisée autour des livres La Fabrique du Musulman (Nedjib Sidi Moussa)
et La Race comme si vous y étiez ! (Les amis de Juliette et du printemps)
Vendredi 30 juin 2017 à 19h
aux Fleurs Arctiques

La « marche pour la dignité » du 19 mars dernier a bien montré à quel point l’anti-racisme dit « politique », tout en se réclamant d’une certaine radicalité, tend à se normaliser dans le champ politique et à prendre la même place que l’anti-racisme dit « moral » de son faux-ennemis SOS Racisme, qu’il prétend pourtant combattre alors qu’il ne s’agit que d’en disputer (jalouser) la place « privilégiée » donnée par le pouvoir socialiste dans les années 80. Il s’agirait alors d’imposer une logique visant à une répartition non discriminatoire du pouvoir qui régule la représentation des « personnes issues de la diversité » en cooptant une nouvelle bourgeoisie dite « non blanche ». Si on en restait là, cette dynamique identitaire et interclassiste ne concernerait que très peu les révolutionnaires puisque cette problématique est déjà plus ou moins prise en charge au sein des partis de gouvernement de droite comme de gauche, ou dans les grandes entreprises.

Cependant plusieurs problèmes se posent à nous, dès lors qu’on constate d’une part que cet anti-racisme dit « politique » acquiert son vernis de radicalité en promouvant des catégories jusque là employées par l’extrême droite comme la « race », en les associant à la défense d’une prétendue religiosité, ou « religion des opprimés ». D’autre part, ce vernis autorise à cette proposition politique fournie clé en main (avec son jargon spécifique et ses têtes d’affiches) l’accès à de larges aires à prétentions subversives, le plus souvent avec une caution universitaire. On peut donc s’inquiéter de savoir où en est cette fameuse « inversion de paradigme » que les nouveaux adeptes de l’ethnodifférencialisme cherchent à imposer : doit-on désormais valider l’existence de prétendues « races » (« biologiques » ou « sociales » selon les instants et les humeurs) et considérer que la religion peut-être émancipatrice pour être antiraciste ? Ce n’est pas la première fois à travers l’histoire qu’une proposition ouvertement réactionnaire de ce type parvient à obtenir les suffrages de parties de la gauche : du fascisme français et de sa pénétration dans le syndicalisme révolutionnaire de la Belle Époque au négationnisme d’ultra-gauche, de la République de Fiume à l’Union Sacrée, etc.

C’est cette réflexion que l’on voudrait mener le 30 juin 2017 en présence de participants aux deux livres, à partir des débats déjà en cours, mais aussi en croisant et en poursuivant leurs analyses. À partir d’angles d’attaques différents — la racialisation pour l’un, la confessionnalisation pour l’autre — ces deux livres se rejoignent dans la critique de cet objet politique confus que constitue l’anti-racisme dit « politique » et partagent un même refus face à sa diffusion en tant que proposition radicale, alors même qu’elle désarme toute possibilité de luttes réellement subversives. Si le débat est en cours depuis quelques années maintenant, il reste encore à trouver le moyen de débarrasser les aires à prétentions subversives (voire « antifascistes ») des OPA politiques adaptées et agressives de mouvements réactionnaires qui, en ce début de 21ème siècle, cherchent à nouveau à prendre la tête de formes de contestations récupérables ou rendues récupérables à cette fin, allant du Parti Socialiste aux anarchistes…

Vendredi 30 juin 2017 à 19h aux Fleurs Arctiques.
45 Rue du Pré Saint-Gervais, 75019 Paris
Métro Place des Fêtes (lignes 7bis et 11 du métro).

Programme de juin 2017

Télécharger au format PDF A5

Vous pourrez lire ici le programme fixe de la bibliothèque Les Fleurs Arctiques. Les discussions ou projections spécifiques seront annoncées sur ce site, par flyers, et sur la liste de diffusion sur laquelle vous pouvez vous inscrire en écrivant un mail.

En ce mois de juin, nous allons nous consacrer à enrichir et organiser la bibliothèque qui demande à être complétée et mise en fonctionnement. Dans cette optique tout don de livres, brochures, etc… est bienvenu. Il s’agit d’une bibliothèque de prêt mais nous comptons aussi qu’elle serve à des groupes de lectures ou de discussions pour rééditer des textes, éventuellement en traduire, en tous les cas écrire peut-être autour des textes qu’on lit ensemble. Pour l’instant un travail est en cours à partir de Dieu et L’Etat de Bakounine, avec la perspective de s’intéresser à l’histoire et aux productions de la Première Internationale. Quiconque serait intéressé par un travail au long cours sur ce texte et ces questions peut le rejoindre le dimanche à partir de 15h. D’autres propositions peuvent être faite en passant à une de nos permanences ou par mail.

Le ciné-club autour de la critique de la famille continue avec 2 projections par mois, les 2ème et 4ème mercredi à 19h. Ce mois-ci les aspects les plus pathogènes de l’enfermement familial, mais pas seulement, seront abordés avec Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974) et Carrie de Brian De Palma (1976).

Les permanences qui se tiennent 2 fois par semaine sont des moments où il est possible de passer nous voir pour discuter du projet, faire des propositions de discussion ou de projections, venir chercher les publications que nous diffusons, emprunter ou ramener des livres de la bibliothèque, mais aussi donner des nouvelles, en prendre et mener des discussion actuelles ou inactuelles.

À propos d’actualité, d’ailleurs, le 23 juin, 4 personnes passent en procès pour l’affaire dite «Machine à expulser» suite à une instruction qui dure depuis plus de 7 ans qui a visé différentes initiatives en solidarité avec les sans-papiers incendiaires du Centre de Rétention de Vincennes en 2008. La bibliothèque s’associe aux initiatives de mobilisation autour du procès, des textes à ce sujet seront disponibles sur place et les permanences pourront être un moment pour discuter de ce procès et de ce qui l’entoure.

Un travail de réflexion, à la bibliothèque mais pas seulement, est en cours autour de la question du dépassement dans le cadre des mouvement sociaux ou des luttes, en ce qui l’oppose à la proposition d’une «convergence des luttes». Une première discussion a eu lieu le mois dernier, elle demande à être développée et poursuivie, que ce soit de manière formelle par des productions écrites ou l’organisation d’autres discussions ici ou ailleurs, ou plus informelle lors des permanences par exemple.

Permanences

Les mardi de 18h à 20h, et les samedi de 15h à 19h

Groupes de lecture

Les dimanche à partir de 15h, en ce moment à partir de Dieu et l’État de Bakounine et autour de la Première Internationale.

Ciné-club (suite du cycle contre la famille)

Mercredi 14 juin – 19h : Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974)

Mercredi 28 juin – 19h : Carrie de Brian De Palma (1976)

Massacre à la tronçonneuse (projection)

Mercredi 14 juin 2017 19h

Massacre à la tronçonneuse Tobe Hooper 1974 1h24 vostf

Ouvertement inspiré du chef-d’œuvre de Hitchcock, Psychose, « inspiré de faits réels » avec un second degré qu’il est important d’arborer, Massacre à la tronçonneuse (1974) offre un tableau macabre du rêve américain. Ici la famille, bien avant d’être protectrice, est avant tout pathogène et horriblement maltraitante. À la réussite et aux dents blanches de la perfect american family des panneaux publicitaires s’oppose ici l’image terrifiante de rednecks débiles (ou peut-être pas, on ne saura jamais), dégénérés et cauchemardesques, ennuyés, misérables et tous mis au chômage par une société toujours plus avide d’argent et donc de temps.
Renvoyés à la prison domiciliaire – sans divertissement – depuis la fermeture des abattoirs qui faisaient subsister, dans un monde de viande et de sang, cette ignoble famille qui ne connaissait rien d’autre, il leur reste la nécessité et le besoin inquestionné de travailler la viande, quelle qu’elle soit, comme une caricature des phénomènes de reproduction sociale du travail. Sauvages, pervers, maltraités et maltraitants, Leatherface et sa famille représentent le paroxysme amoral et matériel de la monstruosité. Au moment où les USA envoyaient leur jeunesse se faire tuer et tuer en masse au Vietnam, la bande de copains massacrée ici, parfaite représentante d’une certaine normalité insouciante et innocente, est passée à l’abattoir sans aucune pitié, comme dans les images obsédantes des mutilations abominables infligées aux populations vietnamiennes. Avec sa musique country, son shérif à chapeau de cowboy, ses abattoirs fermés, ses adolescents transformés en bétail, sa maison abandonnée et le Texas sec et délavé pour décor, Massacre rappelle au souvenir des pionniers… Dans ce western dégénéré et expérimental, on imagine les ancêtres de Leatherface convoyant les troupeaux et marquant au fer leurs bêtes. Sally, l’héroïne kidnappée par les rednecks cannibales renvoie à Debbie, la jeune fille enlevée par les comanches dans La Prisonnière du désert (John Ford). Sauf que John Wayne n’est plus là pour venir la délivrer des sauvages.
C’est par son ambiance sonore, sa photographie et son imagerie plus que par ses images à proprement parler, que Massacre à la tronçonneuse peut choquer les plus sensibles, mais il peut aussi faire grandement rire.

Vous êtes prévenus.

Télécharger le flyer ici.

Avril / Mai 2017 aux Fleurs Arctiques

Les Fleurs Arctiques - Programme avril-mai 2017

Programme à télécharger en PDF ici (8p-A5).

Les Fleurs Arctiques - Programme A3 avril-mai 2017

Version affiche A3 là.

L’inauguration aura lieu le 22 avril 2017 à 18h, plus d’infos ici.


Ouvertures

Lors des permanences on peut ramener de quoi grignoter, des bonnes idées et de bonnes publications. La bibliothèque de prêt est ouverte à tous les moments d’ouverture du lieu. Les jours et les horaires d’ouverture régulière sont les suivants (à partir du 22 avril 2017) :

  • Tous les mardis de 18h à 20h, permanence.
  • Tous les samedis de 15h à 19h, permanence.
  • Tous les dimanches de 15h à 17h, la bibliothèque propose un moment plus spécifiquement consacré aux livres (travail sur le fond, groupes de lecture, etc.)

Just a kiss (projection)

Mardi 25 avril 2017 – 19h

2004 – 1h 43 -VOST – Ken Loach (Bande annonce)

Loin du monde ouvrier et de la vision parfois discutable qui caractérise habituellement son cinéma, Just a kiss est avant tout une romance contrariée grâce à laquelle le réalisateur anglais critique le racisme et le communautarisme sous ses dehors, ici, religieux (catholiques et musulmans). Il s’agit également d’une approche intime de ce qu’est la migration, de ce qu’implique dans ce monde de barbelé et de cannibalisme social, d’être étranger à domicile, en Écosse comme ailleurs. A travers Just a kiss, c’est tout un tas de questions à la fois complémentaires, inactuelles et très actuelles que nous aurons l’occasion d’aborder à la manière des pirates : la famille et son caractère nécessairement autoritaire, le racisme qui réduit les uns et les autres à des identités figées et imaginaires, le communautarisme et la religion qui encasernent les aspirations émancipatrices, et l’amour qui restera encore et toujours la plus belle nourriture des rêveurs de l’absolu, une petite porte de sortie dans la prison sociale, un avant-goût de liberté pour celles et ceux qui, après avoir embrassé le serpent et embrasé le jardin, voudraient s’aventurer à la croquer pleinement comme la pomme d’Eden.

Il s’agira de la première projection d’un cycle contre la famille, dans lequel la question sera abordée sous toutes sortes d’angles plus ou moins sérieux.


Migration : richesses et espoirs, gestion et répression

Mercredi 10 mai 2017 – 19h

A travers une enquête de Zo d’Axa de 1902 sur Ellis Island (USA), mais aussi à travers un texte et un documentaire de 1980 de Georges Perec et Roger Bobec sur cette « île des larmes » (mais aussi « de l’espoir ») qui servit de porte d’entrée, et surtout de centre de tri, de contrôle, d’intégration et de normalisation des migrants qui cherchaient à accéder au « rêve américain », nous essayerons de discuter de ce qu’est, en profondeur, la migration. Que veut dire être « étranger chez soi » ? Qu’est-ce que vivre sous la menace de l’expulsion, de l’enfermement, avec le racisme, dans un monde où le migrant ne peut être autre chose qu’un « travailleur », un élément de la « main d’œuvre » dont « on » (le « on » gestionnaire) a besoin un jour, et qui peut être en trop le lendemain. Comment fonctionnent ces politiques modernes de gestion des populations et de leurs déplacements dont Ellis Island peut représenter un exemple historique important et fondateur pour les politiques migratoires actuelles. Comprendre Ellis Island, c’est aussi comprendre la gestion des flots de migrants qui traversent aujourd’hui la méditerranée, triés aux frontières de l’Europe (Grèce, Espagne, Italie) comme on l’était à celles des USA, soumis au même arbitraire d’une gestion de masse organisée par les Etats et mise en œuvre par leurs relais, qu’ils soient répressifs ou humanitaires. C’est aussi comprendre que cette gestion passe fondamentalement par le développement des formes d’enfermement administratif – Ellis Island c’est aussi un camp dans lequel on peut ne passer que quelques heures, plusieurs jours ou un mois, dans lequel on peut perdre la vie à cause des conditions déplorables dans lesquelles les humains sont traités comme du bétail. C’est donc se questionner sur les phénomènes massifs d’« encampement » des population pour mieux pouvoir les contrôler et les répartir au gré des besoins, qu’il s’agisse de fixer, déporter, exterminer, des camps de migrants aux camps humanitaires, sanitaires, et autres appellations bureaucratiques.

Pour nous qui nous sentons étrangers de partout, il s’agit d’interroger, aussi, les rapports que nous pouvons entretenir avec les frontières qui nous enferment, les nationalités et les papiers qui vont avec, autant d’éléments – agissants – qui entravent la liberté de tout un chacun, impliquant des formes de contrôle qui nous concernent tous et toutes à différentes échelles.

On pourra lire une brochure réalisée pour l’occasion. Ellis Island : L’Amérique hospitalière vue de derrière , Reportage en deux parties sur la sélection imposée aux candidats à l’immigration sur l’île d’Ellis Island à New-York, 1902, par Zo d’Axa, suivi d’Une route. Et morceaux choisis d’Ellis Island de Georges Perec (en collaboration avec Robert Bober). A télécharger sur Ravage Editions.


Convergence des luttes ou dépassement ?

Samedi 27 mai 2017 – 18h

CONVERGENCE DES LUTTES
Convergence : action de tendre vers un même but. « Des droites parallèles convergent à l’infini. » Converger ne signifie pas avoir le même but, ce n’est pas avoir quelque chose en commun, ni partager quoique ce soit… Non, c’est tendre vers cela sans jamais y parvenir. La convergence n’est même pas la rencontre, c’est le chemin vers la rencontre, c’est ce qui précède éternellement un hypothétique commun.
Si on ne peut pas dater précisément la naissance de cette expression, on peut juste constater qu’elle n’existait pas avant les années 90.
Il est difficile de décrire exactement de quel processus il s’agit… Tout cela reste très vague. On a bien vu ici où là un militant trotskiste cheminot venir prendre la parole dans une AG étudiante à l’appel d’un militant trotskiste étudiant (plus rarement le contraire mais ça existe aussi), se faire applaudir avant de rentrer chez lui ; on a vu ce genre de scène reproduit à l’échelle industrielle lors des « Nuits debout », visiblement le concept a l’air de signifier ce genre de pratiques. Ceux qui l’emploient parlent de construire des ponts, tisser des liens, mais à part ça on n’a jamais décrit (et encore moins vu) ce que devrait produire deux (ou trois, ou plus) luttes qui convergent.
En attendant cette rencontre il s’agit donc de cantonner chaque lutte dans les limites qu’elle s’est fixée au départ, de se concentrer sur ce qu’elle a de particulier, de faire avec et de se contenter du fait qu’elle « a le mérite d’exister ». Le rôle du militant sera d’y apporter son grain de sel en replaçant sa particularité dans un contexte plus global, il y glissera un peu d’analyse et de théorie abstraite, la nouvelle mode pour les plus « radicaux » étant de se contenter de rajouter « et son monde » à la fin de la revendication parcellaire.
Il s’agit donc d’un concept qu’emploient les réformistes pour que rien ne change. Les révolutionnaires quand à eux s’emploieront à faire exister son exact antithèse : le DÉPASSEMENT. Le « dépassement » sera donc tout l’objet du débat.

Texte préparatoire aux discussions: convergence des luttes VS dépassement.