エロス+虐殺, Yoshishige Yoshida, 1969
Samedi 21 avril à 17h
Eros + massacre relate la vie de Sakae Ōsugi, anarchiste japonais du début du siècle exécuté par l’Etat en 1923, et sa tentative de vivre « l’amour libre ». Le film emprunte le point de vue d’un couple des années 60 qui, à travers son enquête sur une des compagnes d’Ōsugi (Itō Noe), va s’intéresser aux théories anarchistes sur l’amour libre, sur les rapports que leur concrétisation créent : jalousie, souffrance etc… La démarche de ce couple, s’intéresser à des expériences passées, en comprendre le contexte et en extraire la pertinence pour notre époque, fait echo à la notre. Nous tenterons d’ ouvrir la discussion sur la liberté dans les rapports, le poids de l’idéologie qu’elle soit réactionnaire ou libertaire, puritaine ou amour-libriste. Ballotés entre toutes ces injonctions, en 1911 comme en 1960, comme aujourd’hui, femmes et hommes ont encore beaucoup à faire pour construire une intelligence en amour et en amitié et vivre pleinement leur sexualité sans carcans. Puisque le pouvoir est indissociable de la contrainte, nous chercherons aussi comment les participantes à Seitō ont défini le pouvoir de la société patriarcale sur les femmes et les propositions d’émancipation (refus du mariage de raison, accès à l’education et à l’avortement, reconnaissance de l’homosexualité…). Leurs points de vue et analyses, très hétérogènes, et parfois source de conflits politiques sérieux, seront également abordés. Ce film issu de la Nouvelle Vague Japonaise porte plusieurs axes de réflexions que l’on pourra développer dans le cadre de sa projection, comme la réflexion entamée sur « l’amour libre », la proposition féministe (du refus émancipatoire du mariage à travers l’union libre au « libre choix » en matière de sexualité) et les modalités de certaines de ses visions beaucoup plus contemporaines, mais que l’on peut déjà trouver dans Seitō, comme le refus du couple voire de l’amour, et le retour à des modalités de relations contractuelles présentées comme protectrices). Il nous faudra prendre en compte le parti-pris de la réalisation à propos de l’anarchisme, délaissant les luttes sociales bien présentes dans la vie des protagonistes eux-même pour se focaliser sur les rapports intimes et amoureux, parti-pris très perceptible dans la mise en scène du regard rétrospectif de ce couple des années 60.
Voir notamment :
- Naissance d’une revue féministe au Japon – Seitō In Ebisu, n°48, 2012. pp. 7-171

Nous proposons, dans la suite de 






Dimanche 1er avril 2018 à partir de 17h30



Zéro de conduite nous raconte l’histoire de trois élèves d’un collège de province, Caussat, Colin et Bruel. Cependant, contrairement à leurs camarades de classe, l’autorité des surveillants et des professeurs ne leur est pas supportable. Toujours dans la rébellion, ils accumulent les « zéros de conduite » et malgré les punitions et les dissuasions, les trois garnements refusent de se soumettre. Ils élaborent donc un plan afin de prendre en otage leur collège le jour de la visite du préfet. Ils sont rejoints par un autre élève de leur classe : Tabart. Ce dernier s’élève contre son professeur qui le tripote et refuse de s’excuser après l’avoir insulté. Les quatre compères mènent donc à exécution leur plan avec le soutien de tous les élèves de l’internat et bombardent le préfet, le directeur et les professeurs de chaussures, tuiles et planches de bois avant de hisser haut un drapeau pirate.
Il y a maintenant un peu moins d’un an était diffusé sur Arte le documentaire Ni Dieu ni Maître – Une histoire de l’anarchisme de Tancrède Ramonet. Dans une période de misère politique, alors que la main mise sur l’histoire des luttes et des mouvements révolutionnaire reste le dernier bastion auquel s’accroche le vieux Parti Communiste, ce documentaire qui se présente comme une « réhabilitation de l’anarchisme » a été accueilli plutôt positivement dans les milieux militants et institutionnels.En période de disette, tout n’est pas pour autant bon à prendre.
Depuis qu’elle existe en tant qu’institution, l’école est au service de la bonne gestion des besoins de l’État et du capital. Elle qualifie quand il y a besoin de qualification, déqualifie quand il faut baisser le coût du travail, et toujours apprend l’obéissance et domestique la sauvagerie de l’enfance en faisant intégrer, que ce soit à coups de trique ou de pédagogies alternatives, la nécessité d’accepter ce monde et d’aspirer à y réussir. Elle est aussi le lieu où se rejoue toujours la possibilité de la révolte et du refus, elle est toujours forcément en crise, traversée de tensions et de contradictions inhérente à cette entreprise de gestion de l’ingérable. De la maternelle à l’université, ce qui s’y passe, les rapports qui y circulent, la manière dont adultes, enfants, adolescents y interagissent reflète cette fonction fondamentale.