Comprendre et critiquer l’école et son monde

Dimanche 14 janvier 2018 à 17h

Depuis qu’elle existe en tant qu’institution, l’école est au service de la bonne gestion des besoins de l’État et du capital. Elle qualifie quand il y a besoin de qualification, déqualifie quand il faut baisser le coût du travail, et toujours apprend l’obéissance et domestique la sauvagerie de l’enfance en faisant intégrer, que ce soit à coups de trique ou de pédagogies alternatives, la nécessité d’accepter ce monde et d’aspirer à y réussir. Elle est aussi le lieu où se rejoue toujours la possibilité de la révolte et du refus, elle est toujours forcément en crise, traversée de tensions et de contradictions inhérente à cette entreprise de gestion de l’ingérable. De la maternelle à l’université, ce qui s’y passe, les rapports qui y circulent, la manière dont adultes, enfants, adolescents y interagissent reflète cette fonction fondamentale.

Si l’école d’hier a pu faire l’objet de critiques variées qui ont eu leur pertinence et ont été partiellement intégrées (donc désactivées) dans l’école d’aujourd’hui, celle d’aujourd’hui justement semble laisser bien démunis et impuissants ceux qui se rendent pourtant compte du désastre. On s’offusque de divers détails sans trouver le moyen de remettre en question, ni même simplement de décrire la réalité de ce qui s’y joue.

On propose d’ouvrir ce vaste chantier, de comprendre ce qui se joue à l’école en s’aidant de l’expérience de chacun (on y est tous passé, certains n’en sont jamais sortis …), mais aussi en réfléchissant autour de divers extraits de documentaires ou de fictions, en particulier Entre les murs, La journée de la jupe et Etre et avoir, trois films qui, chacun à sa manière, donnent une certaine image de l’école, tout en proposant des points de vue critiquables sur ce qu’il s’y passe et ce qu’il faudrait en faire. Nous avons choisi ces trois films dans la perspective de démolir leurs perspectives et d’ouvrir enfin un champ de réflexion pour une critique radicale de l’école, ce qu’il s’y passe, ce qu’elle produit et ce qui la produit.

Projection/Discussion autour de la prostitution

Dimanche 17 décembre 2017 à 17h

Que penser du « plus vieux métier du monde » lorsqu’on veut détruire le travail ?

Dans le film La Marcheuse*, on suit le parcours d’une prostituée chinoise à Belleville en situation irrégulière. Cette fiction naturaliste a été conçue suite à un travail d’enquête et d’entretiens avec des prostituées de Belleville. Se posent alors différents problèmes et différentes questions liées à la prostitution mais aussi au travail en général, à la précarité, et à l’immigration irrégulière. On y voit bien comment la prostitution n’est pas une question séparée, mais comme toute les formes d’exploitation, elle est prise dans les réalités de ce monde et ne peut sans doute pas être pensée avec pertinence sans prendre en compte ces complexités réelles.

Quoi qu’il en soit la prostitution est un travail. Est-ce vraiment l’un des pires qui soit, en ce qu’il en serait une application poussée à l’extrême ? Considérer ainsi cette question, ne serait-ce pas reconduire la condamnation morale mêlée éventuellement de fascination condescendante, qui, pour le coup, constitue assurément une spécificité de la manière dont est perçue la prostitution ? Reste qu’elle s’appuie le plus souvent sur des états de précarité – immigration irrégulière, pauvreté extrême, etc. – et les perpétue tout en créant de nouveaux rapports de domination – financiers, administratifs, etc. Cette spécificité tiendrait-elle au fait que là où le travail exploite le corps, il l’exploite dans son intimité, redoublant ainsi l’aliénation du rapport à soi ? Mais qu’est-ce que l’intimité dans ce monde et à partir de quand est-elle exploitée ? Un syndicalisme de la prostitution pose-t-il les mêmes question qu’un syndicalisme d’un travail plus courant ? Il est certain que le statut de prostitué ostracise les individus, créant un cercle vicieux au centre duquel ils forment une cible parfaite pour l’État et ses expérimentations de toutes sortes, qui peuvent être répressives, hygiénistes – comme lors des tentatives récurrentes de réintroduction des maisons closes – ou autres.

Autant de pistes que l’on pourra explorer lors de la projection du film La Marcheuse et de la soirée de discussion qui s’en suivra le 17/12/2017.

*  La Marcheuse – 2015 – Naël Marandin – 1h 17m

The Machinist – Lundi 11/12 à 19h

Brad Anderson – 2004 – 102 min – USA (Vost)

Lundi 11 décembre 2017 à 19h

Trevor Reznik est machiniste dans une usine. Son teint cadavérique et sa carrure rachitique le rendent effrayant auprès des autres employés. Un jour, distrait par un nouveau collègue, Ivan, il est responsable d’un accident de travail qui coûte la main à un autre collègue. Alors qu’il se justifie de son erreur par la présence malveillante d’Ivan, le dernier semble inconnu de ses collègues. Pris pour un fou, Trevor va mener seul son enquête à la recherche de ce fantôme, entre hallucinations insomniaques et paranoïa galopante. Son état mental bascule à mesure que sa quête devient une obsession, entre rêves, réminiscences et traumatisme. L’esthétique du film, glaciale et sale reflète la folie de Trevor et la manière de filmer son corps squelettique le rend encore plus angoissant. Le travail tient une place importante dans le film, c’est l’élément déclencheur de la folie de Trevor. L’usine est le lieu où sa paranoïa se déclenche et où ses relations sociales commencent à se dégrader. C’est alors la folie d’un homme qui nous est montrée, rongé par le remord et broyé par son travail jusqu’à en perdre son identité et ses repères. Tous ces faits correspondent alors à un mémo posté sur son réfrigérateur sur lequel est marqué « Who are you ? ». Que reste-t-il de chacun de nous dans un monde où le travail rend fou ?

La folie est-elle soluble dans le travail à la chaîne ?
Et les chaînes du travail renforcent-elles notre rapport à la folie ?

Le Black Panther Party : « non-mixité » et émancipation ?

Vendredi 1er décembre 2017 à 19h

Dans le cadre d’un débat en cours autour de la « non-mixité », vue comme idéologisation d’une homogénéité de fait dans la lutte, deux soirées de discussions se sont déjà tenues en ce lieu. Si la première séance a été l’occasion de poser les bases du débat et notamment de cerner les différences entre auto-organisation et « non-mixité », la deuxième a permis d’aborder différents exemples historiques souvent présentés comme précurseurs de la « non-mixité », avec un focus particulier sur les Mujeres Libres dans l’Espagne révolutionnaire des années 30 (cf. le travail réalisé pour l’occasion).

Afin de prolonger les réflexions entreprises lors de ces discussions et de s’y atteler sous un nouvel angle, il nous parait intéressant de nous pencher sur une autre des formes d’auto-organisation souvent citée par les défenseurs d’une certaine idée de la « non-mixité », à savoir le Black Panther Party, régulièrement présenté comme exemple (et justification) ultime. Pourtant, ce mouvement révolutionnaire afro-américain d’inspiration marxiste-léniniste et maoïste, formé en Californie en 1966 par Bobby Seale et Huey Newton, avait une réalité sociale et historique que ses récupérateurs politiques d’aujourd’hui peinent à comprendre, et peinent à exploiter sérieusement.

Il nous semble en effet que ce vaste morceau de l’histoire des luttes aux USA reste aujourd’hui un sujet plus méconnu qu’il n’y parait, particulièrement en France, et qu’il nécessite un travail approfondi afin d’appréhender l’histoire longue et complexe de ce mouvement et d’aller au-delà des clichés servis par les nombreux récupérateurs de toutes les chapelles et par une bibliographie très lacunaire. C’est dans cette optique que nous proposons à celles et ceux intéressés par ce sujet une première séance de discussion et de travail publique le vendredi 1er décembre 2017 afin d’aborder ensemble des réflexions à mener, des sources à explorer et pourquoi pas des productions à réaliser autour des Panthères Noires et, en refusant l’intemporalité de l’hagiographie, de travailler à une critique contextualisée de leurs idées et pratiques qui serait utile au présent.

Restons inorientables et ingérables !

Discussion autour du projet de réforme de la sélection à l’université

Jeudi 23 novembre 2017 à 19h

De la maternelle à l’université, jusqu’au tombeau, l’école cherche à nous adapter à ce monde, à nous faire accepter la place qui nous y est réservée, à nous caser là où on sera le plus rentable. Cet objectif, on voudrait nous le faire intégrer sous le nom de réussite. Et pour qu’on réussisse, on nous oriente. Pour ne pas perdre de temps et d’argent, on nous sélectionne et on veille à nous éviter l’échec et le redoublement. L’État et ses algorithmes savent ce qui est bon pour nous. C’est bien ça la réforme des universités : faire passer sans douleur un pas de plus dans la bonne gestion du matériel humain que constitue une « population » à mettre au travail et à domestiquer, en rentabilisant tous les moments de la vie. ça s’appelle aussi « valoriser les compétences de la maternelle à l’insertion dans le monde du travail » (comme l’indique le Livret de compétences).

Contre cette logique, depuis le mouvement contre la loi Devaquet en 1986, divers mouvements lycéens et étudiants ont eu lieu, qui ont été sans doute les plus vivants de ces dernières décennies. Des formes de refus et de révoltes se manifestent au quotidien de manière diffuse dans le contexte tendu où l’état d’urgence a été inscrit dans le droit commun.

Aujourd’hui on voudrait tous croire qu’il va se passer quelque chose. Les gauchistes s’agitent, les syndicats étudiants se mettent en ordre pour une bataille qu’ils s’apprêtent encore une fois à ne pas mener. D’autres commencent à nous seriner que l’insurrection vient en nous faisant croire que l’insurrection, c’est affronter la police deux fois par semaine dans des rituels vains.

Soyons à la hauteur de la situation. Ne nous laissons pas orienter, gérer, que ce soit par l’État, par les syndicats ou par les vendeurs de soupe insurrectionnelle.

Comprendre enfin que ce qu’il se passe autour de ces questions concerne tout le monde, qu’on soit à l’école ou pas.

Cesser de valider les catégories qui nous étouffent et ont perdu leur sens depuis longtemps (comme la séparation absurde entre étudiants, travailleurs, chômeurs, précaires…).

Ne pas s’en tenir à un affrontement spectaculaire et ritualisé avec la police.

Puiser dans le mouvement qui va peut-être commencer de quoi dépasser tout ça et rendre effectif notre refus commun de ce monde.

Voilà ce qu’on propose de discuter le 23 novembre.

Restons inorientables et ingérables !

Ces prochains jours

Nous voici le 16 novembre, et le programme des Fleurs Arctiques n’est toujours pas disponible ! C’est vrai, cette fois nous avons pris notre temps. Mais pas d’inquiétudes, il arrive sous très peu, et courra jusqu’à mi-janvier. Pour les impatients, et comme les dates et horaires subissent quelques changements, voici en avant première ce qui va se passer les trois jours prochains :

  • Samedi 18/11 de 15h à 17h : Groupe de lecture autour d’un texte libre.
  • Dimanche 19/11 de 16h à 19h : Permanence (en haut) et projection par et pour les enfants (en bas).
  • Lundi 20/11 à 19h : Avant que commence un nouveau cycle sur les gros monstres, un film sur la famille et ses dysfonctionnements normaux ou anormaux, avec la projection de La Colline a des yeux dans sa version de 1977 dont voici la présentation.

En espérant vous voir bientôt parmi nous.

Des fleurs qui n’aiment pas la planification.

Cycle sur les Kaïju

Projections à venir :

Mercredi 19 décembre 2018 à 19h30

Mothra Vs Godzilla, Ishiro Honda, 1964, vostfr, 2h03

Mercredi 16 janvier 2019 à 19h30

King Kong, Peter Jackson, 2005, vostfr, 3h

Mercredi 27 février 2019 à 19h30

L'Homme qui rétrécit, Jack Arnold, 1957, vostfr, 1h21

Projections passées :

Colossal –  Nacho Vigalondo – 2017 – vostfr – 1h50 – Mercredi 28 novembre 2018

Mothra Ishiro Honda – 1961 – vostfr – 1h41 – Mercredi 10 octobre 2018

 Akira – Katsuhiro Otomo – 1988 – vostfr – 2h04 – vendredi 31 août 2018

Le Roi et l’Oiseau – Prévert & Grimault – 1980 – 1h27 – vendredi 10 août 2018

Halloween – John Carpenter – 1978 – vostfr – 1h31 – vendredi 13 juillet 2018

Nausicaä de la vallée du vent Hayao Miyazaki – 1984 – vostfr – 1h56 – lundi 25 juin 2018

Shin Godzilla Hideaki Anno et Shinji Higuchi – 2016 – vostfr – 2h – Lundi 30 avril 2018

Monsters Gareth Edwards – 2010 – vostfr, 1h33 – Lundi 2 avril  2018

King Kong – Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack – 1933 – 1h40 (vostfr) – Lundi 5 mars 2018

The Host – Bong Joon-Ho – 2006 – 119 min – Corée (Vost) – Lundi 18 décembre 2017

Godzilla, affiche française d’A. Poucel, 1956.

Pourquoi regarder ensemble des films de gros monstres, ou kaîju ega, du nom de ces films de genre qui, après King Kong en 1933, deviendront à partir du premier Godzilla (1954) une spécialité japonaise ? Pour le plaisir, d’abord, celui des effets spéciaux, du carton pâte et des maquettes, pour la magie du gigantisme. Et puis parce que ces gros monstres viennent des abysses ou du plus profond de la terre pour renvoyer à l’humanité l’image incarnée de la crainte que lui inspire son propre orgueil, sa propre démesure. Les ravages des Kaïju sont la réalisation fatale de la nécessité de détruire un monde qui sans eux n’en finirait pas de perdurer, et finit grâce à eux par s’écrouler dans une apocalypse cathartique.

Kaijū (que l’on prononcera kaizyû) signifie littéralement « bête étrange » ou « bête mystérieuse ». Il s’agit donc d’un terme japonais pour désigner des créatures étranges, particulièrement les monstres géants des films japonais appelés kaijū eiga. La notion japonaise de monstre étant différente de celle des européens, un kaijū est plutôt vu comme une force de la nature devant laquelle l’homme est impuissant et non pas comme une force du mal. Le kaijū n’est pas issu de l’univers religieux, ce n’est pas un démon et il n’est pas nécessairement mauvais ni bon.

 

Affiche italienne pour Godzilla vs. Hedorah (Godzilla vs. the Smog Monster), 1971

Affiche italienne pour Gigantis the Fire Monster (Godzilla Raids Again), 1957

 

Lorsque Bakounine, Déjacque et Proudhon invoquaient Satan comme figure de la révolte fondamentale contre ce monde, c’était déjà l’idée du kaijū qui frémissait d’exister. Décrit par le révolutionnaire russe comme « le génie émancipateur de l’humanité » et « la seule figure vraiment sympathique et intelligente de la Bible », Satan est identifié à la révolte qu’il symbolise. Nous voyons ici en Godzilla et ses acolytes mastodontesques un souffle symbolique similaire. Et d’ailleurs Tokyo après Godzilla n’est pas si loin des ruines de 1871 à Paris après le passage incendiaire des communards.

Peut être bien, donc, que si King-Kong, Mothra et Godzilla ne sont pas effrayés par les ruines, c’est qu’ils portent dans leur cœur un monde nouveau.

Affiche polonaise pour Godzilla vs. The Smog Monster, 1971

Projection de La colline a des yeux (Cycle sur la famille) – Lundi 20/11 à 19h

La colline a des yeux – Wes Craven – 1977 – 90 min – USA (Vost)

Lundi 20 novembre 2017 à 19h

Bricolé à partir d’un budget dérisoire, La colline a des yeux a tout à voir avec Massacre à la Tronçonneuse ou The Devil’s Reject que nous avions projeté il y a quelques mois dans une ambiance hilare, mais avec le cœur bien accroché. Ambitieux dans ses intentions et primitif dans sa concrétisation, ce film post-Vietnam dont le déroulement a été rendu archi-classique par trente années de redites et de remakes, propose un scenario original pour l’époque : Une famille pieuse avec un bébé sur la route en camping-car et dirigée par un flic raciste du meilleur des crus se retrouve accidentellement au beau milieu d’une zone d’essais nucléaires de l’armée américaine. Contraints de quitter la route par une série de bizarreries, ils se retrouvent pourchassés par une bande de locaux, bien évidement, complètement dégénérés, anthropophages et pervers, sortes de Flintstones cannibales avec des noms divins. La famille « moyenne » ici-présente se révèle bien familiale puisqu’elle en contient tous les tabous, les dominations et les rapports pathogènes qui caractérisent son mode d’organisation. Avec ce film, c’est presque comme toujours la même problématique qui transparaît dans ce ciné-club, celle d’une sauvagerie effrayante qui révélerait en retour celle refoulée des « honnêtes gens » et de la civilisation. Ici encore, la famille dégénérée versus la famille moyenne, toutes dysfonctionnelles à bien des égards, servent à montrer que même à son stade d’organisation sociale le plus dépouillé – la famille nucléaire – cette société est pourrie jusqu’à l’os et doit être détruite pour pouvoir redevenir sauvages en nos propres termes, et non ceux d’un monde radioactif de flics, de fric et de rapports de pouvoir à toutes les échelles.

Les Mujeres Libres et la question de la « non-mixité »

Mujeres Libres, c’est une organisation libertaire espagnole de masse qui a existé de 1936 à 1939 pendant la guerre civile espagnole et la révolution… Mais les Mujeres Libres, c’est aussi, et à ça ces 20 000 femmes ne peuvent plus grand-chose, une des quelques nouvelles coqueluches d’un certain féminisme d’aujourd’hui et en particulier des défenseurs des pratiques de « non-mixité » qui cherchent, en dépit de tout, à enraciner leur proposition politique dans une histoire des luttes révolutionnaires. A croire que s’inscrire dans une tradition historique (aussi éloignée soit-elle) est un moyen de palier à la faiblesse argumentative qui peut parfois même la masquer.
Elles n’y peuvent rien, mais pourtant leurs textes peuvent encore parler. C’est pourquoi nous sommes naïvement retournés lire ces textes, et ce que nous y avons trouvé nous semble justifier la réédition présente, assortie d’une introduction et débarrassée des notes qui, dans une édition récente, se sont donné pour étrange objectif de « corriger » les textes et d’orienter leur lecture pour les faire rentrer dans les schémas de pensée actuels de la postmodernité. Des schémas qui pourtant n’ont pas d’autre perspective que d’en finir avec celle des Mujeres Libres : la révolution (en l’occurrence, « sociale et libertaire », car il s’agit bien de militantes anarcho-syndicalistes).
Libre à chacun ainsi de relire Lucia Sanchez Saornil et de se faire un avis sur ce qu’il y aurait aujourd’hui à faire et à dire des textes de ces femmes dont la perspective explicite, comme les textes publiés ici le montrent, est d’imposer leur participation « en mixité » (avec des hommes, donc) à la lutte révolutionnaire, alors en cours dans l’Espagne des années 30.

Brochure éditée par Ravage Editions en collaboration avec le groupe de lecture de la bibliothèque Les Fleurs Arctiques à Paris, octobre 2017.

Sommaire :

  • Faire entrer les Mujeres Libres au panthéon du féminisme libéral ? 20 000 femmes, ça fait beaucoup… Notes de lectures sur les Mujeres Libres, la question de la « non-mixité » et le féminisme – P. 4

  • La récupération : Cas d’école – P.18

  • La Question féminine dans nos milieux Par Lucía Sánchez Saornil (1935) – p.22

  • Annexe : La non-mixité en question – Être en lutte ou être lutte ? – P.40

On pourra trouver cette brochure à la bibliothèque à prix libre, ou la télécharger sur le site de Ravage.

Octobre 2017 aux Fleurs Arctiques

Programme d’octobre 2017 – format PDF A5 8p.

Discussions

Permanences (et projections libres)

Les permanences ont lieu tous les samedis de 16h à 19h, elles sont suivies d’une projection libre les samedis 7 et 21 octobre 
à 18h, où vous pourrez venir avec des propositions de films… et les films en question.

Groupes de lecture

Tous les dimanches à 15h – les 8 et 22 octobre, on poursuit avec Dieu et l’Etat de Bakounine, et autour d’un texte court libre les 15 et 29 octobre.

Ciné-club

– Mardi 17 octobre à 19h : White God de Kornél Mundruczó (2014).
– Samedi 28 octobre à 19h : Brazil de Terry Gilliam (1985).

Ciné-club enfants

Les dimanches 8 et 22 octobre à partir de 16h, projection par et pour les enfants !

La Bourse ou la Vie ?

Les Fleurs Arctiques s’organisent de façon autonome face à un loyer résistant et revenant mensuellement à la charge tel un ressac vengeur et la prochaine vague risque de faire mal. Depuis que, suite à une fringale subite, nous avons mangé notre mécène, la nécessité de courir après l’argent chaque mois prend une énergie dont nous avons cruellement besoin pour faire vivre les activités des Fleurs Arctiques. Poursuivant néanmoins notre principe d’ouverture, nous faisons ainsi appel à vous pour soutenir de manière protéiforme ce local orienté vers l’offensive hétérogène.
Les dons réguliers sont bien évidemment encouragés, nous avons d’ailleurs mis en place un système de souscription mensuelle à la hauteur que vous souhaitez, merci d’ailleurs à celles et ceux qui le font déjà. Il est aussi possible de faire des dons ponctuels, par courrier (nous contacter) ou sur place, ce qui pourrait permettre de se rencontrer. Tout soutien matériel et don de livres sont également les bienvenus et permettent à la bibliothèque d’agrémenter le lieu et d’enrichir sa collection de prêts. Livres anciens ou récents, raretés ou nouveautés, brochures ou tracts, revues ou articles peuvent être déposés à votre guise et discutés selon votre humeur.
La fréquence des ouvertures de la bibliothèque cherche à rendre possible rencontres et initiatives, alors n’hésitez pas à venir, seul ou en groupe, proposer discussions, réflexions, interventions, projections, groupes de travail ou séances de lecture.