Vendredi 24 janvier à 19h
Après une première discussion qui a eu lieu aux Fleurs Arctiques en novembre dernier pour trouver les moyens de s’opposer à la mise en place en cours du SNU (le Service National Universel qui doit remplacer la Journée d’Appel par un mois en caserne et en association), il a paru évident de s’intéresser aux différents refus de l’armée et du service militaire qui ont existé au cours de l’histoire et d’essayer de penser ce que ces divers refus avaient de subversif afin de nourrir la réflexion actuelle sur le refus du SNU. Que ce soit les refus de la mobilisation et de l’union sacrée lors de la Première Guerre mondiale, les refus du service militaire durant les années 60-70 avec les objecteurs de conscience et les insoumis ou les déserteurs de la guerre d’Algérie, ces différentes formes d’insoumission et de refus ont été traversées de multiples pratiques et contradictions.
Nous proposons de nourrir cette discussion par un regard sur des matériaux historiques tels que différentes affiches et textes des années 60-70, qui sont l’occasion de comprendre un peu plus concrètement les différentes formes de refus de l’institution militaire à l’époque : alors que l’objection de conscience devient un statut prévu par la loi et encadré par l’armée, une partie de l’insoumission pénalement réprimée jusqu’à l’enfermement se pose dans les années 70 comme une « insoumission civile et militaire », pensant le refus de l’armée au sein d’un refus général de la société.
Tenter de comprendre ces refus pourrait permettre de proposer aujourd’hui des formes d’intervention contre le SNU, encasernement dans lequel il serait quand même inconcevable que l’ensemble des adolescents partent « la fleur au fusil », tout en ne négligeant pas les spécificités de ce nouveau dispositif de matraquage moral et nationaliste, qui se voudrait incontournable en agitant des avantages comme l’insertion dans les études avec le gain de crédits étudiants, ou l’insertion dans le monde du travail par l’accès simplifié à des formations. Que pouvons-nous tirer des expériences de luttes du passé afin d’enrichir les luttes du présent ? Il s’agit de réfléchir aux diverses pratiques qui ont eu lieu autrefois – allant de se faire réformer pour raison médicale au passage dans la clandestinité, de l’affiche au sabotage – tout en pensant également au fait que le SNU cherche apparemment plus à exclure ses absents, à les contraindre par l’école et à les stigmatiser par la morale qu’à les pénaliser judiciairement (du moins selon ce qui est pour le moment annoncé officiellement). Réfléchissons aux moyens que peut se donner une perspective révolutionnaire pour accentuer les refus et aider à les rendre possibles, alors que l’ouverture du volontariat pour la seconde phase test du SNU 2020 se fait ce mois-ci, avec cette fois plusieurs dizaines de milliers d’adolescents concernés (30 000 prévus).
Ce sera aussi l’occasion de repenser l’antimilitarisme dans un climat où l’armée est banalisée par la gauche comme par la droite, et où l’intervention quotidienne du militaire est permanente depuis la mise en place de Vigipirate dans les années 90, et d’autant plus dans un contexte d’état d’urgence post-attentats devenu permanent.





Ça grève, ça bloque, ça manifeste, parfois même plus ou moins « sauvagement » et depuis un bon moment déjà les ingrédients d’un mouvement social relativement inespéré se déploient : ça fait plus d’un mois qu’en France la situation n’est assurément plus « normale ». Et pourtant les forces d’une normalisation irrationnelle face aux circonstances sont tenaces : du panneau « grèves : pensez au covoiturage » allumé en permanence sur toutes les autoroutes et périphériques, aux différentes applications pour faciliter la vie en temps de blocage des transports, en passant par les reportages télévisuels ineptes sur comment Micheline réussit quand même à aller bosser et trouve ça finalement cool de le faire jusqu’à la fin du troisième âge, on dirait que cette exceptionnalité-là aussi est en danger de se faire happer, renormaliser, par un pouvoir qui cherche toujours plus à nous adapter pour faire de n’importe quelle situation un état de fait à partir duquel il faudrait chercher à ce que tout se passe comme d’habitude, quitte à ce que les nouvelles habitudes soient de marcher des heures pour aller au boulot. La randonnée c’est bon pour la santé et vive le vélo en mangeant 5 fruits et légumes par jour… pour aller travailler ! C’est une nouvelle embûche au dépassement de ce mouvement, en plus des syndicats toujours prêts à négocier pour que cesse ce qui ne doit rester qu’un « conflit social » renforçant leur position. Alors à nous de battre en brèche cette logique mortifère et de vivifier l’anormalité actuelle, pour éviter qu’on se rendorme en état de grève cérébrale, nos corps et nos organes toujours plus exploités par l’État et le Capital.



Nous avons reçu ce texte par mail et il nous a fait chaud au cœur. Il raconte la façon dont la distro de la bibliothèque des Fleurs Arctiques s’est faite exclure de la Foire aux livres anarchistes qui se tenait fin septembre 2019 à Marseille. La réponse à l’accusation infamante de dissociation qui vise la revue Des Ruines (que nous distribuons) est à lire 




