Conversation secrète

Francis Ford Coppola
1974 – 114’

C’est entre les deux premiers volets du Parrain que Coppola propose, dans ce film d’espionnage, une autre figure de la solitude et de la mélancolie, beaucoup moins grandiose que Le Parrain, mais tout aussi torturée. Harry Caul, espion solitaire et technicien spécialiste de la filature et de l’écoute, se retrouve confronté à l’intrusion d’une réalité inattendue qui perturbe sa routine d’espionnage des conversations des autres, qu’il « écoute » sans les écouter ou les entendre. Cette fois, c’est la question de sortir de son rôle habituel de témoin invisible, d’intrus indétectable, qui va se poser, pour faire peut-être véritablement intrusion dans ce qui va advenir, pour intervenir au delà de l’écoute, dans la réalité que le son révèle. Dans la lignée de Blow Out de Brian de Palma qu’il inspirera, Coppola explore les limites de l’intime et leur transgression, l’intrusion froide des écoutes et de la surveillance, et la manière dont le drame caché se révèle de manière disruptive à l’intérieur du son, si on sait l’écouter. On est aussi évidemment dans la suite de Blow Up d’Antonioni avec cette exploration de ce que les techniques de captation de la réalité, dont, entre autre d’ailleurs, le cinéma est fait, la prise d’image (pour Blow Up) et de son (pour Conversation secrète et Blow Out), volent et fixent quelque chose tout en clarifiant des aspérités qui sans eux resteraient invisibles et inaudibles.

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