Massacre à la tronçonneuse (projection)

Mercredi 14 juin 2017 19h

Massacre à la tronçonneuse Tobe Hooper 1974 1h24 vostf

Ouvertement inspiré du chef-d’œuvre de Hitchcock, Psychose, « inspiré de faits réels » avec un second degré qu’il est important d’arborer, Massacre à la tronçonneuse (1974) offre un tableau macabre du rêve américain. Ici la famille, bien avant d’être protectrice, est avant tout pathogène et horriblement maltraitante. À la réussite et aux dents blanches de la perfect american family des panneaux publicitaires s’oppose ici l’image terrifiante de rednecks débiles (ou peut-être pas, on ne saura jamais), dégénérés et cauchemardesques, ennuyés, misérables et tous mis au chômage par une société toujours plus avide d’argent et donc de temps.
Renvoyés à la prison domiciliaire – sans divertissement – depuis la fermeture des abattoirs qui faisaient subsister, dans un monde de viande et de sang, cette ignoble famille qui ne connaissait rien d’autre, il leur reste la nécessité et le besoin inquestionné de travailler la viande, quelle qu’elle soit, comme une caricature des phénomènes de reproduction sociale du travail. Sauvages, pervers, maltraités et maltraitants, Leatherface et sa famille représentent le paroxysme amoral et matériel de la monstruosité. Au moment où les USA envoyaient leur jeunesse se faire tuer et tuer en masse au Vietnam, la bande de copains massacrée ici, parfaite représentante d’une certaine normalité insouciante et innocente, est passée à l’abattoir sans aucune pitié, comme dans les images obsédantes des mutilations abominables infligées aux populations vietnamiennes. Avec sa musique country, son shérif à chapeau de cowboy, ses abattoirs fermés, ses adolescents transformés en bétail, sa maison abandonnée et le Texas sec et délavé pour décor, Massacre rappelle au souvenir des pionniers… Dans ce western dégénéré et expérimental, on imagine les ancêtres de Leatherface convoyant les troupeaux et marquant au fer leurs bêtes. Sally, l’héroïne kidnappée par les rednecks cannibales renvoie à Debbie, la jeune fille enlevée par les comanches dans La Prisonnière du désert (John Ford). Sauf que John Wayne n’est plus là pour venir la délivrer des sauvages.
C’est par son ambiance sonore, sa photographie et son imagerie plus que par ses images à proprement parler, que Massacre à la tronçonneuse peut choquer les plus sensibles, mais il peut aussi faire grandement rire.

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