Jeudi 7 mai – 19h30
Sam Mendes
2008 – 119’
Les Noces Rebelles, ou Revolutionnary road sous son titre original, raconte l’histoire d’un couple qui ne veut pas de la vie qui leur tend les bras, celle du rêve américain, son mari au travail et sa femme au foyer, et sa vie de famille douillette en banlieue pavillonnaire qui s’en suit. Leurs envies d’échapper à la normalité amènera un autre personnage du film à les féliciter en ce sens : “Many people are aware of the emptiness, but it takes guts to see the hopelessness”. Compliment qui prendra la forme d’un avertissement des difficultés que devront contourner nos deux protagonistes. Car en effet, s’il est facile d’être désabusé de ce monde, c’est autre chose que de refuser de céder au constant chant des sirènes de la réussite individuelle ou du cocon familial comme échappatoire. Tout est fait pour nous empêcher de réaliser qu’il n’y a aucun autre espoir que la soumission, aucune émancipation individuelle ni collective dans le capitalisme sinon d’en sortir par tous les moyens. Ce film pose la question de la résistance aux pièges tendus par la normalité de l’Etat et du Capital. Dans cette époque désenchantée en apparence, la révolution tarde pourtant à advenir. Le faux nihilisme ambiant qui a succédé à la fin des grandes hypothèses cache-t-il mal une envie désespérée de toujours y croire ?
C’est aussi l’histoire d’une femme face à son mari, face aux étroites parois des carcans qui entrave la liberté des femmes au mode de vie soit disant traditionnel, loin de l’image d’Epinal véhiculée par les influenceuses conservatrices de notre époque, et qui va se confronter de tout son être à cette prison banale que peut être la vie quotidienne.
