L’énigme de Kaspar Hauser – mercredi 17 octobre à 20h [horaire modifié]

Werner Herzog – 1974 – 1h50 – RFA – VOST

Mercredi 17 octobre à 20h [horaire modifié]

En 1828, un jeune homme est trouvé un beau matin sur la place de la petite ville allemande de Nüremberg. Il est adossé à un mur car ses jambes ne le portent pas, ne sait ni marcher, ni parler, à part pour répéter une unique phrase : « cavalier veux comme père était » et pour écrire maladroitement de son nom. Il passera de mains en mains, du geôlier de la prison dans laquelle il est d’abord enfermé, à Ludwig Feuerbach qui l’éduque et l’étudie, en passant par divers montreurs de monstres, il fascine, la nouvelle de son existence parcourt l’Europe, on veut le voir, l’étudier, l’approcher. Sa mort mystérieuse (il est poignardé par son premier geôlier) redouble le mystère de sa généalogie (il serait un héritier caché de la maison de Bade qu’on aurait enfermé par peur de verser du sang royal).

Mais l’énigme que Werner Herzog filme en suivant scrupuleusement les diverses notes et compte-rendus que ceux qui l’ont pris en charge dans cette époque positiviste ont produit, c’est surtout l’énigme de cet enfant devenu adulte sans contact humain et sans soin autre que ceux très minimaux de son mystérieux geôlier, et qui pourtant, contrairement aux autres « enfants sauvages » pour lesquels le XIXème et une partie du XXème siècle se passionne, se met à parler, à apprendre, accepte des formes de sociabilisation, qui ont intéressé jusqu’aux penseurs de l’enfance et de l’éducation du XXème siècle comme Winnicott ou Dolto. Il nous montre aussi la nature de ces regards posés sur lui, bien ou mal veillants, scientifiques ou attentifs, toujours à la limitede la réification, et renouvelle par le film lui-même la curiosité pour cette altérité radicale qui fait l’intérêt de ces histoires toujours mythifiées des « enfants sauvages », de Romulus et Rémus à l’enfant oiseau découvert dans la banlieue de Moscou dans les années 90. Voir ce film ensemble sera l’occasion d’initier une réflexion sur ce phénomène qui incarne et exemplifie l’altérité irréductible de l’enfance.

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