{"id":2906,"date":"2024-03-13T15:35:23","date_gmt":"2024-03-13T14:35:23","guid":{"rendered":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/?p=2906"},"modified":"2024-03-27T00:59:16","modified_gmt":"2024-03-26T23:59:16","slug":"quelle-place-et-quel-role-peuvent-etre-attribues-a-la-fiction-dans-un-but-demancipation-et-dans-nos-reflexions-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/?p=2906","title":{"rendered":"Quelle place pour la fiction dans la pens\u00e9e et la pratique r\u00e9volutionnaire ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #008080\"><strong>Samedi 23 mars 19h30<\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette proposition de discussion s&rsquo;inscrit dans la poursuite <a href=\"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/?p=2129\">des r\u00e9flexions autour de l&rsquo;utopie qui ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu \u00e0 la biblioth\u00e8que<\/a>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2907 size-medium\" src=\"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/files\/2024\/03\/KingKong1933-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/files\/2024\/03\/KingKong1933-200x300.jpg 200w, https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/files\/2024\/03\/KingKong1933.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>Certains diront, par une opposition franche et nette entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, que cette derni\u00e8re n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat dans une telle perspective. Apr\u00e8s tout, il est vrai que la tenue, par exemple, d\u2019un atelier d\u2019\u00e9criture ou d\u2019un cin\u00e9-club ne sont pas des activit\u00e9s qui am\u00e8nent rarement directement \u00e0 br\u00fbler des prisons, des commissariats, ou encore \u00e0 comprendre id\u00e9ologiquement et th\u00e9oriquement les piliers fondamentaux du capitalisme et de la d\u00e9mocratie \u2013 ce qui aurait au moins le m\u00e9rite de clarifier ce qu\u2019il faudrait attaquer en priorit\u00e9 ou non. Une telle posture postule donc l\u2019existence d\u2019une<i> R\u00e9alit\u00e9<\/i>, laquelle est alors synonyme d\u2019action, d\u2019efficacit\u00e9, d\u2019augmentation significative de notre pouvoir \u00e0 ma\u00eetriser ce qui se passe dans le monde (cette puissance pouvant \u00eatre augment\u00e9 <span style=\"color: #000000\">tant<\/span> par des actions effectives que par des discussions visant \u00e0 comprendre comment agir th\u00e9oriquement pour am\u00e9liorer l\u2019action \u2013 tant que la parole est vassale de cet imp\u00e9ratif pr\u00e9gnant d\u2019agir, elle est elle-m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e comme quelque chose de bien r\u00e9el et non pas une invention d\u00e9risoire de l\u2019imaginaire). Cette m\u00eame posture id\u00e9aliste suppose \u00e0 l\u2019inverse que la fiction est toujours \u00e9trang\u00e8re \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 politique imp\u00e9rieuse. Alors s\u2019en suivent deux acceptions possibles de la fiction : la premi\u00e8re, qui \u00e0 certains \u00e9gards rejoint celle du situationnisme, verrait la fiction comme un spectacle, comme un \u00ab divertissement \u00bb, au sens p\u00e9joratif du terme, r\u00e9plique-\u00e9cran asservie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et qui ainsi asservit tous ceux qui en profitent, les d\u00e9tournant avec volupt\u00e9 des vraies pr\u00e9gnances politiques actuelles ; la seconde acception rejoint la conception de \u00ab l\u2019art pour l\u2019art \u00bb de Th\u00e9ophile Gautier : \u00ab\u00a0 il n\u2019y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir \u00e0 rien&#8230; \u00bb. En d\u2019autres termes, les espaces imaginaires qui se cr\u00e9ent dans la fiction ne sont pas contradictoires avec l\u2019imp\u00e9tuosit\u00e9 du r\u00e9el, mais ils sont trop fragiles, trop d\u00e9pendants et vuln\u00e9rables face \u00e0 sa gravit\u00e9 pour pouvoir pr\u00e9tendre y peser quoi que ce soit ; au contraire m\u00eame, s\u2019ils venaient \u00e0 s\u2019y corrompre, ils se feraient emporter, \u00e9craser, tordre, instrumentaliser par la r\u00e9alit\u00e9, et il est alors tout \u00e0 leur int\u00e9r\u00eat de rester bien \u00e0 leur place, dans la sph\u00e8re de la fiction, o\u00f9 ils peuvent nous offrir ce qu\u2019ils ont de plus beau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourtant, s\u2019il peut \u00eatre tenu pour vrai qu\u2019une fiction para\u00eet fragile, devant une arm\u00e9e par exemple, ne peut-on pas reconna\u00eetre \u00e9galement que l\u2019imagination comme capacit\u00e9 d\u2019envisager des nouveaux possibles doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9l\u00e9ment n\u00e9cessaire \u00e0 la subversion de l\u2019existant\u00a0? Si l\u2019on consid\u00e8re que la sensibilit\u00e9 est un des \u00e9l\u00e9ments qui, en politique, servent d\u2019aiguillon \u00e0 la r\u00e9volte, au refus, et \u00e0 la solidarit\u00e9, alors pourquoi une fiction ne pourrait-elle pas transmettre des horizons nouveaux qui r\u00e9sonnent avec la pratique politique\u00a0? Nous pourrions m\u00eame aller plus loin et interroger la pertinence d\u2019un rapport \u00e0 la politique con\u00e7u comme \u00e9preuve n\u00e9cessairement crue et m\u00eame cruelle de ce que la r\u00e9alit\u00e9 peut avoir d\u2019horrifiant et de traumatisant. Y a-t-il besoin, pour prendre conscience de l\u2019imp\u00e9ratif de la lutte, de vivre dans sa chair fragile d\u2019\u00eatre humain les pires atrocit\u00e9s que le monde ait port\u00e9\u00a0? Y a-t-il besoin d\u2019\u00eatre le premier concern\u00e9 par l\u2019horreur pour lutter contre\u00a0? Ou bien pouvons-nous supposer qu\u2019il y a, \u00e0 travers la capacit\u00e9 d\u2019imagination et la fiction comprise comme sa concr\u00e9tion collectivement transmissible, la possibilit\u00e9 d\u2019ouvrir \u00e0 autrui des espaces de d\u00e9placement dans lesquels il n\u2019aurait pas besoin de s\u2019ab\u00eemer directement pour comprendre l\u2019importance de la lutte\u00a0? Lui \u00e9pargnant ainsi des blessures profondes qui parfois peuvent se r\u00e9v\u00e9ler faire bien plus obstacle \u00e0 une pratique r\u00e9volutionnaire qu\u2019\u00eatre son moteur. Enfin, si l\u2019on accepte de postuler que la fiction n\u2019est pas tout \u00e0 fait \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la pratique politique, peut-on simplifier plus encore le propos et affirmer inconditionnellement que\u00a0l\u2019imagination poss\u00e8de en elle-m\u00eame un pouvoir subversif\u00a0? En effet, dans un contexte de r\u00e9gime totalitaire, une telle affirmation pourrait trouver un sens au vu des normes r\u00e9pressives appliqu\u00e9es par la censure sur l\u2019art, la litt\u00e9rature et toute forme de concr\u00e9tisation de l\u2019imagination. Dans une d\u00e9mocratie en revanche, c\u2019est une autre paire de manches. Il y a des normes sociales qui influencent l\u2019imaginaire et la fiction certes, mais de l\u00e0 \u00e0 dire que l\u2019imagination poss\u00e8de, par sa simple f\u00e9condit\u00e9, un pouvoir subversif contre des m\u00e9canismes politiques r\u00e9pressifs, voil\u00e0 qui pourrait sonner aussi creux qu\u2019un argument de petite intelligentsia appeliste en manque de frisson. Alors, par-del\u00e0 les postures affirmant d\u2019un c\u00f4t\u00e9 que la fiction n\u2019a rien \u00e0 voir avec la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une \u00e9mancipation politique, et de l\u2019autre qu\u2019elle est \u00e9mancipatrice intrins\u00e8quement, comment pouvons-nous penser le rapport entre r\u00e9volution et fiction\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi 23 mars 19h30 Cette proposition de discussion s&rsquo;inscrit dans la poursuite des r\u00e9flexions autour de l&rsquo;utopie qui ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu \u00e0 la biblioth\u00e8que. Certains diront, par une opposition franche et nette entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, que cette derni\u00e8re n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat dans une telle perspective. Apr\u00e8s tout, il est vrai que la tenue, &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/?p=2906\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Quelle place pour la fiction dans la pens\u00e9e et la pratique r\u00e9volutionnaire ?&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11668,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2906","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/11668"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2906"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2906\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2919,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2906\/revisions\/2919"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lesfleursarctiques.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}